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Monuments archéologiques de Béjaïa

Une technique de scannage au service du patrimoine

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le 29.10.17 | 12h00 Réagissez

 
	Une partie des architectes en opération de scannage à la porte des étendards
Une partie des architectes en opération de scannage à la...

L’Association pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la ville de Béjaïa a organisé, mercredi dernier, à la bibliothèque principale de lecture publique de la ville, une rencontre avec une équipe d’architectes spécialisés dans la numérisation en 3D, une technique qui consiste en le scannage de pièces de musée, de bâtiments et autres sites archéologiques et historiques pour les besoins d’archivage et de l’utilisation des projections dans le cadre de la réhabilitation des édifices.

A travers la présentation de cet outil numérique, l’association vise à faire découvrir au public, et surtout aux pouvoirs publics, une technique susceptible de révolutionner la prise en charge du patrimoine, ce qui est le centre d’intérêt de cette association. Afin d’expliquer le rôle et les divers domaines d’utilisation de cette technologie, Pr Zeghlache Hamza, de l’université de Sétif, et ses anciens étudiants ont procédé à un relevé numérique de la Porte des étendards (Bab El Fouka), qui revêt une importance historique pour la ville de Béjaïa, rappelant l’époque des Hammadites.

Cette porte est toujours utilisée, car elle sert autant pour les piétons que pour les automobilistes, de passage vers l’ancienne ville. Son utilisation, notamment par les automobilistes, n’est pas sans conséquences négatives sur la structure du bâti. D’ailleurs, le scannage numérique de cette porte a révélé des signes inquiétants de dégradation. Des fissures invisibles à l’œil nu et des décalages qui témoignent de la fragilité du monument. De ce fait, Bab El Fouka, classée patrimoine national depuis novembre 1903 et qui a été construite entre 1067 et 1071, nécessite des travaux urgents.

A ce propos, le directeur par intérim de la culture, Djamel Benahmed, qui a suivi la présentation, a rappelé que «la wilaya, après la récente visite du wali sur les lieux, a doté l’opération de réhabilitation de ce site de 32 millions de dinars. Un projet qui est en phase d’étude et de préparation des cahiers des charges». Revenant aux avantages de la technique de la numérisation en 3D, les architectes du cabinet GéoScan assurent que «celle-ci permet de scanner n’importe quel bâtiment et d’archiver les documents et d’aider le maître de l’ouvrage à établir les fiches techniques des opérations de réhabilitation tout en prenant des mesures précises sans aller sur site et diagnostiquer les monuments».

Cette technique permet également de connaître le comportement mécanique des bâtiments scannés et de déterminer leur état au fil du temps. «Pour arriver à établir une base de données numériques de tous les bâtiments et sites historiques et archéologiques de l’Algérie, il nous faudra 53 ans de travail» précise Pr Zeghache Hamza. Selon l’universitaire,  la technique peut être utilisée dans divers domaines, comme les travaux publics, l’aménagement du territoire, l’urbanisme et la topographie.

Djamel Benahmed a assuré que la direction de la culture ne ménage aucun effort pour prendre en charge le patrimoine de la wilaya. Néanmoins, parlant de l’accessibilité à cette technique, l’orateur expliquera que la centralisation de la décision dans son secteur «rend la manœuvre et la prise des initiatives par les représentants locaux quasiment impossibles». Prenant note de la préoccupation du responsable de la culture, Pr Zeghache pense de son côté que «pourtant, l’administration a tout à gagner si elle opte pour ce procédé».

Evoquant la crise économique que traverse le pays, le professeur estime qu’il «est intéressant que les pouvoirs publics sachent que cette technique existe en Algérie. Et au lieu d’aller acheter en devises des prestations de service dans ce domaine à l’étranger, comme cela a été fait lors de la reprise du Métro d’Alger pour avoir les plans du sous-sol de la capitale, l’Etat doit investir dans la formation des étudiants et la généralisation de cette technique qui a été acquise par le transfert de technologie dans le cadre d’un partenariat algéro-sud-africain».

 

Nordine Douici
 
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