Régions Kabylie Bejaia
 

Soummam : Les charlatans, ces marchands d’illusion

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 03.09.17 | 12h00 Réagissez

Assurément, il souffle un fort mauvais vent d’arnaques et de magouilles sur les villes de la Soummam. Dans les marchés hebdomadaires de Tazmalt, d’El Kseur, en passant par ceux d’Akbou, Seddouk et Sidi Aïch, les faits les plus incongrus et les plus insolites vous crèvent les yeux.

En effet, l’imposture, ce vocable qui charriait jadis une odeur de poudre et les relents du fumet de la trahison, consolide son emprise. Les charlatans, ces «docteurs» autoproclamés en phytothérapie, y règnent en maîtres des céans. Parés de leurs plus belles intentions, ces margoulins ne lésinent sur aucun artifice pour écouler leurs mixtures douteuses, contre une promesse illusoire de guérison.
Avec un art consommé de l’esbroufe, ces redoutables rhéteurs jurent par tous les saints que leurs «médicaments» sont ce qu’il y a de plus efficace et de plus sûr.

Une démarche de mystification implacable, ratissant large et puisant dans le vaste registre des entourloupes.
Les «potions magiques» et les «breuvages miracles» qu’ils proposent, soignent tous les maux. Ils prétendent avoir réponse à tout. Ou presque. De la crise hémorroïdaire, aux troubles psychologiques, en passant par la lésion ulcéreuse, les affections rhumatismales et les douleurs dorsales, rien ne tient tête à leur érudition et à leur omniscience. Des breuvages à base de décoctions de plantes sont mêmes vantés comme étant une parade imparable contre le diabète ou pour booster la libido. Rien que ça ! Ne dit-on pas que l’occasion fait le larron ?

Pour briser la frilosité du chaland, on fait appel à la magie des attributs et on convoque le religieux. «Mes remèdes ont fait la preuve de leur efficacité. Avec la bénédiction de Dieu, vos bobos s’en iront comme par enchantement», ne cesse de répéter un charlatan, sur un ton docte et condescendant. Accablés par quelque pathologie incurable, des malades se laissent tenter. Faut-il, pour autant, leur en vouloir d’accepter les règles d’un marché de dupes, dont ils campent le rôle de dindon de la farce ?

«Dix ans que j’avale des anti-inflammatoires. Mes douleurs sont toujours là, avec en prime, leurs effets indésirables qui me rongent les os. Alors, il est temps pour moi d’essayer autre chose. Sait-on jamais !» maugrée un homme d’un certain âge, qui nous confie traquer une méchante sciatique.

Les plus incrédules s’indignent, vitupèrent et finissent par capituler devant le fait accompli. «Ce sont des pratiques aussi pernicieuses qu’illégales. Mais que peut-on faire face à des habitudes si profondément ancrées dans les esprits ?» s’interroge un citadin. Quant à la puissance publique, elle observe le manège du haut d’un piédestal fait d’indifférence, voire de tolérance.
 

Amazigh. M.
 
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco

Vidéo

Débats d'El Watan

Débats d'El Watan
Loading...

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie
 
Loading...