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Intempéries à Béjaïa

Les moyens manquent pour rouvrir les routes

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le 10.12.17 | 12h00 Réagissez

 
	La neige s’érige en obstacle pour le déplacement des habitants des zones montagneuses
La neige s’érige en obstacle pour le déplacement des...

La wilaya de Béjaïa dispose de trois chasse-neige seulement. Les APC et la DTP, sous-équipées, recourent souvent à la location d’engins pour dégager les routes, qui empêchent le déplacement des villageois et le ravitaillement en gaz et en carburant.
 

Les villageois de la wilaya de Béjaïa appréhendent d’éventuels BMS annonciateurs de neige ou de grande pluie. Les fortes quantités de neige qui sont tombées la semaine passée dans la wilaya ont fait vivre des jours durs, encore une fois, aux habitants des zones reculées. Coupés des grands axes routiers, les citoyens de ces communes qui ne sont pas encore raccordées au réseau de gaz naturel, trouvent beaucoup de difficultés à se déplacer afin de s’approvisionner en bonbonnes de gaz butane.

Le taux de pénétration du gaz naturel dans la wilaya de Béjaïa est le plus bas au niveau national. Seulement 42 % des foyers sont alimentés en cette énergie. Ce taux est appelé à passer à 87% à la fin de l’année 2018, après la levée des oppositions sur les projets de transport de gaz, à en croire le wali de Béjaïa, Mohamed Hattab, qui l’a déclaré récemment.

Chargée de dégager les routes en cas de fermeture due à la neige, la direction des travaux publics (DTP) place en «priorité les routes nationales, puis les chemins de wilaya. Ce n’est que lorsque ces axes sont dégagés que nous intervenons sur les routes communales», selon le DTP, Zahnit Salem. Ceci dit, les routes communales qui desservent les villages sont sous la responsabilité des APC, qui sont dépourvues de moyens de déneigement.

En plus de la neige, le casse-tête, selon le DTP qui nous a reçus dans son bureau, concerne aussi les éboulements et les mouvements de sol qui sont fréquents, même après le passage de la tempête de neige ou des pluies. Dangereux, ces «éboulements sont provoqués, parfois, par l’activité humaine, en plus de ceux qui se produisent naturellement», précise-t-il.

A peine le directeur a-t-il terminé sa phrase que le téléphone a sonné, un appel d’un agent d’une subdivision de la DTP pour l’informer qu’après le dégagement d’une chaussée à Taskriout (daïra de Darguina), bloquée par des tas de terre provenant d’un éboulement, celle-ci venait de se refermer à nouveau par le même phénomène.

Pour le responsable, il faut reprendre tout à zéro. «Essayez de trouver une rétrochargeuse à louer, puis refaites le travail», ordonne-t-il. A ce propos, Zehnit Salem indique que la DTP cumule une dette de 8 millions de centimes en location d’engins -en l’absence d’un budget spécial intempéries-, rien que pour ces opérations de dégagement des voies de communication.

Crise financière

La crise financière que vit le pays ne permet plus, également, d’engager des études et des opérations pour le traitement des affaissements de terrains et tous les travaux visant à stabiliser les sols. «Nous ne pouvons que dégager dans l’urgence la terre de la chaussée pour rouvrir la route, puis nous installons des panneaux de signalisation pour indiquer un danger particulier à ces endroits», précise-t-il. Ceci rend les particuliers, propriétaires d’engins, réfractaires à répondre favorablement aux sollicitations de l’administration.

La politique d’austérité a imposé l’interdiction aux institutions publiques de recruter de la main-d’œuvre et de remplacer les travailleurs partis à la retraite. Aussi, l’asphyxie financière bat toute volonté de multiplier le nombre de subdivisons de la DTP suivant le nombre de daïras. Béjaïa dispose de 12 subdivisions «sous-équipées» sur les 19 daïras que compte la wilaya. Pour fonctionner, celles-ci «s’entraident, se dépannent en déplaçant les moyens d’une unité vers une autre».

La DTP accuse un déficit de 7 véhicules utilitaires et autant pour les camions. Selon le directeur, ses services ne disposent d’aucun budget pour renforcer sa flotte en dehors d’une somme d’argent promise par l’ancienne APW pour l’acquisition de 4 rétrochargeurs et de 2 chasse-neige, mais qui n’est pas notifiée depuis l’hiver dernier. Afin d’intervenir sur 800 km de routes en cas d’intempéries, la DTP ne peut compter que sur ses 250 ouvriers, alors que l’on enregistre un déficit de 150 travailleurs.

Les principales routes nationales qui sont bloquées par la neige régulièrement sont les tronçons se situant sur la 26A, reliant Béjaïa à Tizi Ouzou, la RN12, au niveau d’Adekar, la RN75, reliant Béjaïa à Sétif par Amizour, et la RN106, reliant Béjaïa à Bordj Bou Arréridj au niveau d’Ighil Ali. Quant aux chemins communaux, les habitants sont habitués au blocage des CW23, reliant Kendira à Boukhelifa, le CW159, reliant Chellata à Ifri, et le CW 7, reliant Akbou à Tazmalt en passant par Béni Mlikeche et Ighrem.

 

Nordine Douici
 
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