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Investissements à Béjaïa

Les moyennes entreprises en bas de l’échelle

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le 18.07.17 | 12h00 Réagissez

 
	Les moyennes entreprises, la force de frappe de l’économie
Les moyennes entreprises, la force de frappe de l’économie

Base de toute économie florissante, les moyennes entreprises (ME), qui ne représentent que 0,60% dans la wilaya de Béjaïa, sont à la traîne.

La wilaya de Béjaïa est classée 4e à l’échelle nationale en termes de nombre de PME-PMI, après les wilayas d’Alger, Oran et Tizi Ouzou, selon le rapport annuel de la direction de l’industrie et des mines, présenté lors de la dernière session de l’APW, consacrée à la situation et aux perspectives de l’investissement et du développement dans la wilaya. Au sein de la région Nord-Centre, Béjaïa se positionne à la 3e place après Alger et Tizi Ouzou, indique le rapport, qui ajoute qu’en termes de densité des entreprises par 1000 habitants, la wilaya occupe la première place au sein de la même région avec un ratio de 23,1.

Le nombre global d’entreprises, dans les principales composantes, s’élève à 23 513, pour un nombre total d’emplois de 63 735 salariés, selon les chiffres du rapport arrêtés à fin 2016. Les entreprises privées, qui sont au nombre de 23 472 (99,83%), emploient 61 129 salariées, soit une moyenne de 2,6% emplois par entreprise.

Le tissu des entreprises privées est constitué de 95,65% de Très petites entreprises (TPE), employant de 1 à 9 salariés, 3,7% de Petites entreprises (PE), employant de 10 à 49 salariés, et, enfin, 0,60% seulement de moyennes entreprises (ME) employant de 50 à 250 salariés. Selon le secteur du groupe d’activités, le rapport indique que la PME privée des services représente 60% de la a des entreprises, suivie de loin par le secteur du BTPH (24%), les activités industrielles (14%) et l’agriculture et la pêche (2%).

Dans le même document, il est mentionné que, durant les cinq dernières années, le nombre de PME a connu un accroissement très significatif à Béjaïa, passant de 15 041 PME en 2012 à 23 513, soit un accroissement de 56% et une progression annuelle de 1700 entreprises par an. S’agissant des PME publiques, la wilaya de Béjaïa est en mauvaise posture, puisque les entreprises du secteur étatique ne sont qu’au nombre de 41 (0,17%), employant 2 606 salariés seulement, est-il précisé.

Cependant, si la wilaya arrive dans le peloton de tête en termes de nombre d’entreprises au niveau national, voir en cette position un signe de bonne santé économique, c’est faire preuve de naïveté. Base de toute économie florissante, les Moyennes entreprises (ME), qui ne représentent que 0,60% dans la wilaya de Béjaïa, sont à la traîne.

«En économie, on appelle les Moyennes entreprises, ‘‘les gazelles’’. Ce sont elles la force de frappe de toute économie. Ce n’est qu’avec ce type d’entreprises qu’on peut créer de vraies dynamiques économiques, des réseaux de sous-traitance, de la croissance, etc., eu égard à leur flexibilité, leur capacité d’innovation, de création de richesse et d’emploi, et de pénétration du marché extérieur», explique le professeur Moussa Boukrif, enseignant d’économie à l’université de Béjaïa, contacté par nos soins.

L’Ansej : «une erreur» ?

«Prenons, par exemple, la wilaya de Tizi Ouzou. Elle vient à la troisième place du classement, puisqu’elle comporte un grand nombre de TPE où sont comptabilisées pêle-mêle aussi bien les pizzerias, les bus de transport que les camions de transport de matériaux. Mais si on la compare, par exemple, à la wilaya de Bordj Bou Arréridj, qui n’est peut-être pas bien classée, on s’apercevra que c’est cette dernière qui compte le plus de moyennes entreprises, le seul vrai fer de lance de l’économie», ajoute-t-il.

L’enseignant trouve, en outre, que «c’était une erreur» d’avoir opté pour la promotion des TPE à travers les différents dispositifs d’aide à la création d’entreprises, à l’image de l’Ansej. «On a opté massivement pour la création d’entreprises, à travers notamment l’Ansej, mais les jeunes ayant bénéficié de ce dispositif trouvent tout le mal du monde à passer du stade de la TPE à celui de la PME», critique M. Boukrif. «Il faut encourager la PME», préconise-t-il. Par ailleurs, le rapport de la direction de l’industrie et des mines montre que le secteur le plus présent sur le territoire de la wilaya et le plus pourvoyeur d’emplois est celui des services.

L’industrie, l’agriculture et la pêche, en dépit de l’énorme potentiel que recèle la wilaya, sont mal lotis et n’absorbent qu’une infime partie de la main-d’œuvre disponible. Pourtant, ce n’est pas faute d’initiatives. Des projets industriels, comme ceux du groupe Cevital, qui vont à coup sûr donner un nouveau souffle à l’industrie dans la wilaya, sont tués dans l’œuf. Et le train du développement n’attend pas.

 

Mohand Hamed-Khodja
 
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