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Akbou (BéjaÏa)

Les handicapés face au manque d’accessibilité

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le 10.09.17 | 12h00 Réagissez

Une cité urbaine inhospitalière, voire même hostile.

C’est la pathétique et amère réalité à laquelle sont confrontés les handicapés moteurs d’Akbou. Comme si les clichés et les préjugés tenaces, dont ils sont souvent victimes, ne suffisaient pas à leur peine. Voilà qu’on les enfonce davantage dans la marginalisation, en leur ôtant jusqu’au droit de se mouvoir librement, comme tout le monde.

«Nous sommes des laissés-pour-compte. Nous ne pouvons ni nous rendre au travail, ni vaquer à nos occupations, ni même dans certains cas rentrer chez nous, sans l’aide d’une tierce personne», fulmine un jeune, la trentaine, atteint d’une infirmité motrice cérébrale.
Dans la ville d’Akbou, le nouveau tribunal attenant à l’hôpital fait exception à la règle. L’édifice est doté d’un accès aménagé pour les handicapés. Ailleurs, vous pouvez chercher obstinément le moindre moyen d’accessibilité pour ces personnes dites aux besoins spécifiques. Vous serez fatalement déçus.

«Régler sa facture d’eau ou d’électricité, se faire délivrer un document d’état civil ou même affranchir un courrier postal est une véritable course d’obstacles. Tous infranchissables les uns que les autres», relève un handicapé moteur, résidant au quartier Guendouza. «Je collectionne les cartes magnétiques de paiement, mais je ne peux même pas m’en servir. Les distributeurs de billets sont tous hors de portée des handicapés. Les navettes de transport public nous sont aussi interdites. Il est jusqu’à l’absence de vespasiennes dans l’espace public !», affirme un jeune handicapé, cloué sur sa chaise roulante après un grave accident de la circulation.
La hantise de construire à la verticale a laissé en rade cette frange de la population aux besoins spécifiques. Acculés à la marginalisation, ils n’en finissent pas de boire le calice jusqu’à la lie.

«Nous avons sollicité un appartement au rez-de-chaussée, ils nous ont casés au 2e  étage. Depuis, nous vivons l’enfer au quotidien. Vous imaginez un handicapé non autonome emprunter les escaliers d’un bâtiment ? Heureusement que nos voisins sont toujours disponibles pour nous prêter main forte», témoigne une mère dont le fils est atteint d’une impotence sévère. Le sort pitoyable de cette dame, on s’en doute, est loin d’être un cas isolé.

Nos cités urbaines sont-elles donc conçues et réalisées contre les handicapés ? Beaucoup parmi cette frange de la société sont tentés de le croire. D’aucuns en ont même l’intime conviction.
A l’unisson, ils disent n’avoir besoin ni de compassion vaine, ni de dolorisme affecté, mais d’une vraie solidarité.
Celle qui les réconcilie avec leur citoyenneté. Pleine et entière.
 

M. Amazigh
 
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