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Marché de l’emploi à Béjaïa

Les diplômés de l’université face au problème des débouchés

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le 24.09.17 | 12h00 Réagissez

 
	Le Salon accueille, chaque année, des pourvoyeurs et des demandeurs d’emploi
Le Salon accueille, chaque année, des pourvoyeurs et des...

Les résultats préliminaires d’une enquête réalisée par l’Agence nationale de l’emploi (ANEM) sur les prévisions du marché de l’emploi dans la wilaya de Béjaïa ont été présentés lors de la 10e édition du Salon de l’emploi qui s’est tenu les 20 et 21 septembre derniers au campus d’Aboudaou de l’université Abderrahmane Mira de Béjaïa.

Par cette démarche, les enquêteurs de l’ANEM ont analysé des données économiques locales afin d’évaluer le degré de l’inadéquation des compétences entre les sortants de l’enseignement supérieur et les besoins du marché du travail. Cette enquête s’est appuyée sur le projet «De l’université au monde du travail» dans le cadre de la coopération entre l’ANEM, le Bureau international du travail (BIT) et l’université.

Selon Mohamed Arrache, directeur central à la direction de l’information, des études et de la documentation de l’ANEM, «38% des entreprises sondées, sur les 1 722 activant dans la wilaya de Béjaïa et qui emploient 63 552 salariés, ont rencontré des difficultés lors du recrutement ou tentatives de recrutement durant les 12 derniers mois. Les secteurs les plus touchés par ces obstacles sont celui de l’industrie, représenté par 46% des sondés, et celui du BTPH, représenté par 28%». Selon lui, l’enquête a permis de détecter que dans la plupart des cas, «les raisons sont liées à la rareté des compétences recherchées, qui ressort dans 49% des sondés, et le manque d’expérience des demandeurs d’emploi (42%)». Une situation qui n’est pas sans conséquences sur la production et l’extension de l’investissement par les promoteurs.

Il est également constaté que le produit de l’université trouve place dans les secteurs des services (30%) et de l’industrie (63%), plutôt que dans le secteur du bâtiment et celui de l’agriculture (0,4% des diplômés), malgré le caractère agricole de la région. Concernant le secteur du bâtiment, il a enregistré un net recul et cela est dû, selon la communication du directeur général de l’ANEM, Mohamed Chaâlal, «au recul de la commande publique en matière de constructions. Au niveau national, ce sont des centaines de milliers de postes qui ont été perdus».
A fin août 2017, la wilaya de Béjaïa a enregistré seulement 5% de placements. En 2016, 23 357 placements ont été réalisés, sur les 58 243 demandes d’emploi, dont 40% sont des diplômés, soit 1 placement pour 3 demandeurs.

Les chômeurs diplômés s’orientent en principe vers le secteur économique privé (93%), plutôt que vers le secteur public qui a montré ses limites en matière de proposition de postes d’emploi. Preuve en est, 7% seulement des demandes ont été satisfaites dans le cadre du dispositif d’aide à l’insertion professionnelle (DAIP). Par évidence, le marché local est incapable d’absorber l’ensemble des chômeurs, estimés à 46 035 personnes sans activité, soit plus de 12% sur une population de 959 100, selon les derniers chiffres de l’Office national des statistiques (ONS).

Par ailleurs, 39% des entrepreneurs sondés préfèrent le recrutement des étudiants issus de la formation professionnelle, pour la nature de leur formation comportant le volet pratique. 79% de ces mêmes employeurs sont favorables à prendre en charge des étudiants stagiaires inexpérimentés au sein de leur entreprise, afin de parer à l’inadéquation de leur formation universitaire avec le monde du travail. D’ailleurs, les enquêteurs de l’ANEM proposent à cet effet de renforcer le partenariat entre l’université et l’entreprise et mettre en place un baromètre des métiers et spécialités entre l’université, l’entreprise et l’ANEM. Outre la préparation des sortants des universités au monde du travail par des stages pratiques au sein des entreprises, Mohamed Arrache suggère d’anticiper sur les besoins des entreprises et d’adapter les spécialités de formation universitaire.

Malgré la crise économique très prononcée que traverse le pays, les chefs d’entreprise interrogés semblent positifs et croient à la relance économique dans les prochaines années. Car sur les 12 mois prochains, 45% des entreprises prévoient une augmentation du volume de l’activité économique, contre 43% qui prédisent une stagnation. Les mêmes employeurs estiment que les fluctuations de la main-d’œuvre enregistreront une augmentation de 6% durant l’année 2018. Les effectifs, qui sont en baisse cette année, devront connaître une augmentation significative selon les résultats de l’enquête qui table sur une évolution de 25 % dans le domaine agricole l’an prochain et de 13% dans le BTPH. L’industrie, qui a enregistré un recul de 0,1% dans les recrutements, progressera à 3%, tandis que le secteur des services, qui a embauché 7% des effectifs, devrait connaître une progression de 2 points. 
 

Nordine Douici
 
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