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Figue sèche de Beni Maouche

Lendemains désenchanteurs de la labellisation

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le 08.10.17 | 12h00 Réagissez

 
	Trois variétés de figues sèches de Beni Maouche sont exportables depuis fin 2016
Trois variétés de figues sèches de Beni Maouche sont...


Dans le cadre de la 24e édition de la vulgarisation agricole, organisée par la direction des services agricoles de la wilaya de Béjaïa et la Chambre de commerce, en collaboration avec l’Association des producteurs de figues de la wilaya, l’exposition de la figue sèche de Béni Maouche et les dérivés de sa transformation ont occupé l’essentiel des stands à la maison de la culture Taos Amrouche.

La focalisation sur ce fruit, plus que les autres produits du terroir mis en vente ce jour-là, dont l’huile d’olive, le miel et les produits maraîchers, devrait être un gage de soutien des pouvoirs publics à la filière. Cette dernière a obtenu la labellisation de trois variétés de figues, à savoir thaamriwt, thaberkent et thazandjert.

Le label a été consacré vers la fin de l’année 2016 pour la reconnaissance de la qualité de cette figue sèche de la région de Béni Maouche, la qualifiant à l’exportation, à sa transformation et à la rendre éligible pour bénéficier d’un fonds d’aide pour le développent de la récolte. Qu’en est-il après une année de labellisation de cette figue et l’engagement des pouvoirs publics à accompagner les producteurs ?

Pour Mohamed Sahki, président de l’Association des producteurs de figues de la wilaya de Béjaïa, ce qui devait suivre la labellisation n’a pas eu lieu. Pratiquement, la labellisation n’a rien changé à cette activité agricole. Il résume les problèmes des producteurs de figues à l’absence d’un fonds d’aide spécial pour la filière et l’inexistence d’autres circuits pour la commercialisation des produits agricoles et le manque de publicité, entre autres.

 «Le fellah s’appuie toujours sur les foires pour commercialiser son produit. Et c’est lors de ce genre de manifestations occasionnelles que nous faisons un peu de promotion pour les produits du terroir», regrette Mohamed Sahki, que nous avons rencontré devant son stand.  Et ce, dans le but d’intéresser les investisseurs à acheter le produit, le transformer ou l’exporter. Mais, ajoute-t-il, «pour l’heure, nous n’avons pas enregistré une demande sérieuse où l’agriculteur trouvera également son compte».
 

Les fellahs résistent

Cela dit, les membres de son association ne sont pas restés les bras croisés. Ils ont commencé par sauver les variétés de figuiers qui poussaient dans la région. «Grâce à l’implantation d’une pépinière à Adekar, sur un terrain privé, l’association a réussi à récupérer 38 variétés de figues qui étaient en voie de disparition». A ce propos, les adhérents souhaitent que les services agricoles dotent les fellahs d’un terrain du domaine public afin d’installer la pépinière des producteurs de figues.

En 2015, ils ont sollicité le ministère de l’Agriculture, qui a autorisé un voyage de travail en Italie pour un groupe d’agriculteurs pour qu’ils puissent s’imprégner des dernières technologies de traitement de la figue, dont la technique de séchage des figues sous serre. Malheureusement, dit notre interlocuteur, «en l’absence d’aide financière de la part de l’Etat ou des banques -qui ne jouent pas leur rôle, car, faut-il le dire, il est presque impossible de bénéficier d’un crédit bancaire- il est difficile d’importer cette technologie».

Toutefois, avoue-t-il, «l’ambassade de France a subventionné une vingtaine de serres de séchage». Une technique qui a montré son efficacité, car celle-ci permet de sécher les figues en un temps record sans nous inquiéter des intempéries, précise-t-il. Toujours dans le domaine de la coopération avec les associations ou autre acteurs étrangers, des membres d’une association française venus de Montpellier ont été invités à Béni Maouche, en 2008, pour inculquer aux femmes des recettes pour la fabrication des confitures et de gâteaux à base de figues. Par ailleurs, selon les chiffres des services agricoles de la wilaya, la production a connu cette année un léger recul avec pas moins de 300 000 quintaux récoltés.

Ce recul est expliqué par le manque de terres agricoles dont la superficie doit être portée à 10 000 ha pour pouvoir prétendre exporter et satisfaire le marché local. Et cela passe par la densification des plantations et la modernisation des méthodes et techniques de la culture de la figue qui est toujours au stade artisanal ou semi-industriel pour ce qui est de la transformation. Selon la même source, l’autre défi consiste en l’augmentation de la surface irriguée et la prévention contre les incendies qui déciment chaque année des centaines d’arbres fruitiers. 
 

Nordine Douici
 
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