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Fontaines publiques : Un patrimoine en déshérence

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le 20.08.17 | 12h00 Réagissez

Les fontaines publiques des villages et hameaux de la Soummam sont en passe de tomber en déshérence.

Patrimoine ancestrale multiséculaire, la fontaine publique représentait à la fois l’âme, le cœur et le pouls du village. Outre son rôle utilitaire, elle remplissait une fonction sociale par excellence. Ecartée de la promiscuité de l’agora, le cœur battant du village, la femme s’appropriait la fontaine. Ceci d’autant plus que la corvée d’eau était son apanage quasi exclusif. La fontaine lui offrait ainsi une belle opportunité pour faire une escapade en dehors de la chaumière.

Chacune de ces virées hors du cocon familial est une halte salvatrice. Une parenthèse hors du temps. Les cruches, les seaux et autres contenants se remplissaient, en même temps que les cœurs se vidaient de leurs confidences, s’affranchissaient de leurs rancœurs et se déchargeaient de leurs tourments.

On vient prendre des nouvelles, recevoir les conseils avisés des femmes plus âgées. On se laisse aller à des galimatias de potins. On s’adonne à des échanges débridés. On fait part de ses appréhensions, de ses espoirs, de ses rêves les plus enfouis et de ses confessions intimes.
Que reste-t-il de ces lieux de vie, qui ont inspiré tant de poètes et alimenté l’imaginaire collectif ?  Pas grand-chose, sommes-nous tenus de constater ! «Quand on a de l’eau sous pression et à volonté, on n’a que faire de la fontaine», résume fort à propos, un villageois d’Amalou. Et puis, n’est-ce pas que l’organisation sociale et la structure familiale d’antan, ont volé en éclats ? L’agora, qui gérait les affaires de la cité et présidait aux destinées du village, tombe peu à peu en désuétude. Larges et conviviales, les familles sont devenues nucléaires et affranchies de bien des pesanteurs. «La femme d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celle d’il y a 100 ans, ou même 50 ans. De nos jours, elle a conquis tous les domaines de la vie, elle peut  voyager et aller sur les réseaux sociaux. C’est une métamorphose totale», relève un retraité de l’éducation de Chellata.

Les rares fontaines publiques qui survivent encore, sont soit envahies par les mauvaises herbes ou, ironie du sort, polluées et lestées d’ordures ! Nombreuses sont celles qui ont tari, consécutivement à ce long épisode de sécheresse sans précédent. Celles qui ont survécu ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes, tant leur débit a considérablement marqué le pas. Dans de rares patelins reclus, les fontaines offrent leur eau fraîche et désaltérante. On peut toujours s’y abreuver à volonté. Mais pour combien de temps encore ?      

M. Amazigh
 
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