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Béjaïa

Des spéléologues font une découverte archéologique

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le 14.05.17 | 12h00 Réagissez

 
	Un membre du CSSM sur le lieu de la découverte
Un membre du CSSM sur le lieu de la découverte

Au cours d’une mission d’exploration de la grotte dite d’«Hercule», sise sur le flanc sud du mont Gouraya, l’équipe du Club de spéléologie et sport de montagne de Béjaïa (CSSM) a trouvé, par pur hasard, trois pièces de monnaie anciennes en or de l’ère des Almoravides.

La découverte a été présentée au public qui est venu nombreux, hier, au musée Bordj Moussa, dans la haute ville de Béjaïa. Pour Hamid Yahi, membre du club, «en réalité les pièces en or ont été découvertes à la fin de l’année 2016 lors d’une expédition qui nous a permis d’explorer deux grottes au Djbel Gouraya. Bien que nous considérions que c’était une catastrophe naturelle, le feu qui a ravagé le mont Gouraya a permis, toutefois, de dégager des voies que nous avons suivies afin de tenter de trouver des cavités à explorer». D’ailleurs, ajoute notre interlocuteur, «26 cavités ont été découvertes sur le même site, dont deux sont importantes de par leur constitution».

La grotte présente des traces d’occupation humaine remontant à l’époque médiévale. Car d’autres objets ont été recupérés, comme des tessons de céramique, des ossements non encore identifiés et autres bonbonnes métalliques. Complètement émerveillés par leurs découvertes, les membres du club ont compris qu’ils venaient de faire remonter des entrailles de Gouraya une énième trace de l’histoire séculaire de leur ville. Afin d’en savoir plus, la trouvaille a été remise entre les mains de l’archéologue et enseignant-chercheur de l’université de Béjaïa, Djermoune Hocine, afin qu’il puisse examiner les pièces avant d’entrer en contact avec le directeur de la culture, qui s’est engagé à présenter cette découverte pendant ce Mois du patrimoine.

M. Djermoune est formel. Dans sa description et la présentation des pièces, il a affirmé qu’elles ont été datées en l’an 1132, 1138 et 1142-1143, correspondant, respectivement à 533 et 537 du calendrier islamique, soit la période de la présence des Almoravides dans l’ouest de l’Algérie.
Le dinar almoravide s’inspire, selon le chercheur, d’un spécimen de la fin du quatrième siècle du calendrier islamique, celui de la dynastie des Banu Midrar de Sidjilmassa (un des premiers émirats amazighs 7772 à 976 ), des Ibadites safria.

Il analyse que l’écriture des premiers dinars almoravides est conforme à celle répandue durant le Ve siècle de l’hégire. L’avers des dinars présente des inscriptions religieuses et le nom du souverain de l’époque. Au revers, les pièces portent dans le champ le nom de «Abdallah, commandeur des croyants», et des légendes circulaires indiquant la dénomination, le lieu et la date de frappe.
Pour le chercheur, «l’événement almoravide fut une véritable révolution. Une révolution non pas seulement politique, ni même sociale ou encore religieuse, mais avant tout une révolution économique».

Et de souligner à ce propos que «la clef de voûte de ce pouvoir, de ce renouveau politique du Maghreb extrême de la 2e moitié du XIe- 1re moitié du XIIe siècle, est en effet de nature commerciale : la maîtrise du commerce transsaharien ramenant l’or depuis le pays noir jusqu’au nord musulman. La manifestation la plus éclatante de cette réussite étant la monnaie émise par le gouvernement almoravide». L’Empire almoravide (1054-1147) est fondé et dominé par des tribus berbères Sanhadja et leur territoire s’étendait sur la Mauritanie, le Sahara occidental, le Maroc et l’ouest de l’Algérie.

Par ailleurs, la cérémonie de présentation a été clôturée par la remise d’une distinction au Club de spéléologie par l’Association pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la ville de Béjaïa. A la même occasion, le directeur de la culture, Djamel Benahmed, a appelé les citoyens à participer à la sauvegarde du patrimoine culturel de la région en rapportant tout objet ancien qui pourrait prendre place dans le musée de Bordj Moussa avant de saluer l’attitude responsable des spéléologues de Béjaïa qui ont préféré partager le trésor. 
 

Nordine Douici
 
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