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Amin Zaoui à El Flaye : «Il faut se libérer du fanatisme religieux»

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le 14.11.17 | 12h00 Réagissez

«De l’islam tolérant et fraternel de nos parents et grands-parents, on est passés à une religiosité d’apparat, de charlatanisme, de haine, d’oppression, d’anathèmes et de violence», a déclaré, en substance, l’écrivain et chroniqueur Amin Zaoui lors de la conférence-débat qu’il a animée, vendredi passé, à El Flaye.

Convié pour parler de ses deux essais Un Incendie au paradis et Eternel Mammeri, parus en 2016 aux éditions Tafat, et de son dernier roman L’Enfant de l’œuf, paru en 2017 aux éditions Barzakh, l’hôte de l’association club de lecture Ath Waghlis a surfé sur plusieurs sujets ayant trait à l’actualité du pays.

Après avoir fait la présentation de ses ouvrages, le conférencier a évoqué divers autres thèmes avec la crudité et le courage qu’on lui connaît. Il a abordé notamment la collusion du champ politique avec le champ religieux, le statut de la femme, le statut des langues pratiquées en Algérie, l’état lamentable de la culture et le dérèglement des mœurs (hypocrisie, haine de l’autre…). «La vue des affiches électorales, où les photos des femmes sont remplacées par des fantômes, des roses, des points d’interrogation et autres artifices m’horripile.

C’est inadmissible», s’indigne-t-il. Cette chosification de la femme est, pour l’orateur, un indice patent de la régression et de la déliquescence de la politique. «Cette fossilisation sournoise de notre société par toutes sortes d’interdits est pire sur le plan politique que la décennie noire», indique-t-il.

A propos des langues en usage en Algérie, il dira qu’il en existe quatre : le berbère, l’arabe classique, la darija et le français. «La langue de la gouvernance est le français, celle de la créativité (cinéma, théâtre, chanson…) est la darija et celle de la résistance est le berbère». Et d’ajouter : «L’arabe classique est une belle langue, mais elle est prise en otage dans le carcan religieux qui l’empêche d’évoluer.

Pour sa promotion et son rayonnement, il faut la rendre aux héritiers d’Ibn Rushd, d’Al Maâri et d’autres auteurs rationnels.» L’accaparement de la pensée et du champ social par la religion est  pour l’auteur du «Dernier Juif de Tamentit» une marque de stagnation et non de stabilité, comme veulent le faire entendre certains cercles.

Les débats qui ont succédé à la communication se sont focalisés notamment sur certains épisodes de la vie de l’écrivain, sur le rôle de l’intellectuel dans la conscientisation de son peuple et sur les phénomènes (harraga, fuite des cerveaux…) qui mettent à nu la mal-gouvernance du pays. La rencontre a été clôturée par une séance de photos-souvenirs et une vente-dédicace du roman L’Enfant de l’œuf.

Boualem B.
 
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