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Adekar : Aguelmim Averkane en proie au «terrorisme environnemental»

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le 30.05.17 | 12h00 Réagissez

 
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Le lac noir, une nouvelle destination touristique à prendre en...

Sorti de l’anonymat il y a peu d’années, le site reçoit des cohortes de visiteurs, qui se soucient peu ou pas du tout, du respect de la nature.

Aguelmim Averkane (le lac noir), dans la commune d’Adekar, petite merveille de la nature du grand massif de l’Akfadou, est en passe de sombrer dans la laideur. La cause ? La main de l’homme bien évidemment. Les cohortes de visiteurs, qui se font de plus en plus massives à s’y rendre, causent des dégâts incommensurables et irréversibles à cet endroit féerique, sorti de force de l’anonymat il y a tout juste quelques années.

L’incivisme y frappe de toutes ses forces, ravageant à la vitesse grand V cet écrin de beauté sauvage digne d’une carte postale.
Des visiteurs indélicats y abandonnent, toute honte bue, leurs déchets, tandis que d’autres y allument des feux de camp sans se soucier des conséquences. Les images du site défiguré par les monticules d’ordures et de cadavres de bière font mal au cœur.

Pire encore, beaucoup de visiteurs, soit par absence de culture écotouristique, soit par paresse (ou les deux à la fois), s’aventurent jusqu’aux berges du lac avec voitures et motos, anéantissant sans coup férir le couvert végétal du site. Les conséquences sont désastreuses à la fois sur la faune, la flore et l’avenir du tourisme dans la région. Une triste réalité qui n’épargne, hélas, aucune parcelle des sites que l’homme a pu atteindre et la forêt d’Akfadou n’en est qu’un exemple parmi tant d’autres.

Doté d’une riche culture écotouristique, Yacine Lazib, président de l’association Les Amis de la nature d’Adekar, qualifie ce type de tourisme destructeur de «terrorisme environnemental». «Comme tout espace naturel, le massif forestier de l’Akfadou, surtout du côté de la commune d’Adekar, est un milieu très fragile, vu le nombre constant de visiteurs qu’il reçoit chaque jour et la qualité de ce tourisme que j’ai moi-même qualifié de terrorisme environnemental», regrette-t-il.

Yacine en énumère les incidences avec colère, dépit et amertume: «Pour parler de la faune, depuis que ce terrorisme environnemental a commencé, une espèce de tortue (la cistude), présente encore il y a trois ans sur le site, s’est éteinte. Ajouté à cela la disparition d’une cinquantaine de canards Colvert et le phénomène du singe magot, qui ne cesse de se familiariser avec son cousin, l’homme. Quant à la flore, c’est un vrai désastre. Les véhicules ont transformé le couvert végétal en poussière. Cela sans oublier la pollution à cause des déchets abandonnés.»

Des règles si simples à respecter

Pourtant, les règles à observer pour préserver ces dons de la nature ne sont pas aussi draconiennes. Un peu de civisme suffirait largement. «Cette majestueuse forêt recèle des richesses naturelles que nous prenons plaisir à contempler au fil de nos promenades, pour les préserver, des règles pourtant simples s’imposent à nous : respecter les animaux sauvages, ne pas les effrayer ou les nourrir, éviter de sortir des sentiers tracés afin de ne pas piétiner les jeunes pousses, les insectes et les éventuelles mines antipersonnel posées durant la guerre de Libération nationale ou durant la décennie noire, rester courtois, calme et silencieux et profiter du paysage tout en respirant l’air pur, ne pas jeter les ordures et détritus et les emporter avec soi au départ, éviter les nuisances sonores et veiller à ne pas abîmer les arbres en gravant l’écorce», fixe-t-il.

Et de conclure : «La forêt de l’Akfadou est un lieu d’activités multiples où nous sommes tous les bienvenus, mais chacun de nous doit respecter l’autre, et à notre tour de respecter Dame nature afin d’éviter les conflits et préserver la sérénité de la forêt.» Partisan d’un tourisme écoresponsable, Yacine Lazib appelle pour que cessent les agressions à l’encontre du lac noir.

Outre les visiteurs insoucieux, il en veut aux autorités, à leur tête la direction des forêts. «Je dénonce fermement la direction des forêts et les associations qui se disent écologistes, pour leur indifférence et leur attitude négligente et superficielle qui a tendance à tout folkloriser et à ne rien faire de sérieux pour protéger la nature», tempête-t-il.

En attendant une prise de conscience, notre écologiste assiste impuissant au défilement des bus en direction d’Aguelmim Averkane et, souvent, il s’agit d’expéditions organisées conjointement par des associations qui se prétendent écologistes avec le concours de la direction des forêts. 

Mohand Hamed-Khodja
 
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