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Tahar Gaïd à El Flaye

«Abane détestait les lâches et les opportunistes»

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le 23.05.17 | 12h00 Réagissez

 
	Tahar Gaïd face à son public attentif à la bibliothèque d’El Flaye
Tahar Gaïd face à son public attentif à la...

Tahar Gaïd, écrivain et militant du mouvement national, a évoqué son engagement révolutionnaire et a témoigné, entre autres qualités, de la franchise et de l’ouverture de Abane Ramdane.

Dans le cadre de la commémoration de la journée de l’étudiant, le club de lecture d’El Flaye a reçu, vendredi passé à la bibliothèque communale, Tahar Gaïd, écrivain, militant du mouvement national et ancien diplomate, venu parler de son parcours et présenter notamment son dernier ouvrage Souvenirs et impressions d’une vie heureuse malgré les peines, sorti aux éditions Samar.

Le conférencier a commencé sa causerie en parlant de son enfance et de sa région natale, Ath Yaâla, qui a donné de valeureux militants nationalistes, dont le numéro 2 du PPA, Arezki Kehal. «J’ai évolué dès mon enfance dans une atmosphère imprégnée de nationalisme. Ce qui fait que j’ai adhéré très tôt au mouvement nationaliste. Ma vie de militant a commencé réellement à partir de mon arrestation lors des événements du 8 Mai 1945», déclare-t-il.

Devant la montée du nationalisme, la France, expliquera le conférencier, usera de propagande et de divers moyens politiques et économiques pour délégitimer le combat des indépendantistes. «C’est dans ce cadre que l’administration française a créé trois médersas (Constantine, Tlemcen et Alger) dans le but de former des agents qui vont accompagner sa politique colonialiste, mais c’est le contraire qui s’est passé, ces médersas sont devenues de véritables pépinières de révolutionnaires. Moi-même, je suis un sortant de la médersa Al Thâalibiya d’Alger», indique l’orateur.

Assistant de Abane Ramdane durant la Révolution, il a tenu à le disculper des accusations mensongères formulées à son encontre. «Abane Ramdane, qu’on appelait ‘‘Si Ahmed’’, est un révolutionnaire entier, il avait une nette vision de l’avenir. Il n’est pas, comme on veut le faire croire, un dictateur arrogant, c’était un homme franc et ouvert au dialogue. Il haïssait par contre les lâches, les opportunistes, les arrivistes et ceux qui cherchaient le pouvoir illégitimement.

Envers eux, ils se montrait parfois méprisant», fera-t-il remarquer. «Je dois dire aussi que c’est Abane Ramdane et moi-même qui avions mis sur pied, le 2 janvier 1956, les groupes de choc, qui vont porter plus tard le nom de ‘‘fidayine’’», ajoute-t-il. Tahar Gaïd signale qu’il a été arrêté le 24 mai 1956 et qu’il ne sera libéré que le 30 mars 1962, pour assister à la confiscation de l’indépendance par l’armée des frontières et au bain de sang qui a accompagné cette prise du pouvoir.

En 1963, il entame une carrière diplomatique qui lui fera connaître plusieurs pays d’Afrique. Son chemin, dit-il, croisera celui de plusieurs personnalités de renommée mondiale, à l’exemple de Che Guevara, Djibo Bakari, Malcom X et bien d’autres. «Ma rencontre avec Malcom X  a contribué à lui faire réviser sa vision idéologique et politique», dit-il.

S’agissant du coup d’Etat de 1965, il affirme qu’il s’est comporté uniquement en fonctionnaire : «Je  faisais mon travail d’ambassadeur le plus normalement du monde et je n’ai pas envoyé de message de soutien aux putschistes, ce qui a fait que Bouteflika m’avait dit alors : ‘On n’a pas entendu ta voix ni lu un mot écrit de ta main.’» Le conférencier conclura sa communication en disant que depuis son départ à la retraite en 1980, il se consacre entièrement aux travaux d’écriture et de traduction.
 

Boualem B.
 
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