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Le dossier débattu à l’APW de Skikda

Tourisme, vous avez dit tourisme ?

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le 19.03.17 | 12h00 Réagissez

 
	Titanic est l’une des plages les plus prisées de Skikda
Titanic est l’une des plages les plus prisées de Skikda

Le dossier du tourisme a été débattu, mercredi dernier, lors de la première session de l’Assemblée populaire de wilaya de Skikda.

Comme de coutume, un volumineux document, se basant dans sa grande majorité sur des données fournies par l’administration, a été présenté.
Les statistiques et les données théoriques relevées dans ce dossier ne pouvaient, néanmoins, cacher la triste réalité d’un secteur moribond. Skikda n’est plus une ville touristique.

C’est un immense bourg côtier en pleine déperdition et le fait de disposer de plages et de vestiges ne suffit plus à venir à bout d’une ruralisation de plus en plus évidente. Il ne suffit pas de disposer de plages et de montagnes pour s’autoproclamer ville touristique. Le tourisme est une culture et non  une liste d’hôtels, de bungalows, de plages, ni de phraséologie thématique.

Les débats ayant ponctué cette session ont permis, quelques fois, de dire les choses telles qu’elles sont dans la réalité, sans passer par les «formules réflexes», dont on use pour apporter de fausses couleurs à une ville pourtant si grise. Quelques interventions, pour le moins courageuses, ont été faites pour dire des vérités et porter le débat loin des chiffres assommants du dossier présenté. Le nouveau wali, et sans faire dans le réquisitoire, dira à cette occasion toute son amertume. «Skikda est à mon sens l’une des plus belles villes d’Algérie. Malheureusement elle semble avoir été abandonnée», regrettera-t-il, avant d’exprimer son étonnement de relever quelques comportements inciviques. «En parlant de tourisme, il nous appartient tous de nous mettre d’abord à niveau», a-t-il rajouté.

Certains élus ont eu également à intervenir pour tenter de disséquer le mal qui ronge le tourisme en l’identifiant à une culture et non à un bilan chiffré. Mlle Chougui, vice-présidente de l’APW,  en citera quelques aberrations relatives au secteur en rapportant: «Nous parlons de tourisme alors que le site de Bouzaâroura, donnant sur les plages de Ben M’hidi et qui constitue une nouvelle ville en chantier, n’est toujours pas raccordé au réseau d’assainissement. Nous nous demandons où allons-nous déverser les eaux usées des milliers d’habitants qui auront prochainement à occuper leur logement ?», s’est-elle interrogée.

Cette question mérite réellement une sérieuse réflexion, puisqu’une station d’épuration avait été inscrite en 2014 au profit du groupement urbain de Fil-Fila, Bouzaâroura et Ben M’hidi. L’étude avait alors été réalisée en 2015 avant d’être finalement gelée en 2016.

Cette situation aura certainement des conséquences désastreuses sur les plages de Ben M’hidi, qui risquent de servir de réceptacle aux eaux usées de milliers de foyers du groupement urbain sus-cité. Si avec ces risques on ferme les yeux et on ose déclarer Skikda ville touristique, c’est qu’il y a comme un immense problème. M. Gomri, un autre élu de l’APW, semblait chercher à se démarquer des visions administratives de la notion du tourisme local.

«La ville de Skikda dispose d’un potentiel patrimonial très important qu’on continue d’oublier. La notion du tourisme local est à chercher dans ce que la mémoire collective de la ville propose. Loin des plages, Skikda abrite plusieurs repères pouvant servir de carte de visite touristique, comme Zkake Arabe, les cafés maures, les bains maures, la Zaouïa et d’autres sites de la vieille ville, dont la valeur culturelle et touristique reste à valoriser», dira M. Gomri.
 

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