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Une première à Skikda

Avec les enfants implantés cochléaires

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le 17.10.17 | 12h00 Réagissez

Des enfants sourds viennent de subir, avec succès, trois implantations cochléaires qui devraient les faire sortir du monde du silence dans lequel ils vivaient depuis leur naissance.

Mais loin des aspects scientifiques propres à ce genre d’interventions aussi lourdes que sensibles, El Watan revient sur la genèse de cette prouesse, la première du genre à Skikda.

D’abord, il faut noter que ces enfants sont tous issus d’un milieu social des plus modestes. En aucun cas ils n’auraient réussi à collecter le prix faramineux d’un seul implant, soit  plus de 200 millions de centimes. Cette réalité économique a d’ailleurs amené l’Etat à assurer, à ses frais, les opérations d’implants cochléaires. Mais cette disponibilité salutaire n’arrivait malheureusement pas à couvrir les besoins d’une société où on enregistre un (01) enfant sourd  sur 700  naissances.

En plus, ce genre d’intervention se trouvait limité aux seules grandes villes du pays qui disposent de moyens humains et matériels adéquats. Cette réalité n’a ainsi jamais cessé de pénaliser et les enfants sourds de Skikda et leurs parents, contraints d’aller tenter leur chance à Alger, à Batna ou à Annaba. «Cela fait des années qu’on ne cesse de faire la navette entre les hôpitaux de ces villes avec l’espoir de bénéficier d’un rendez-vous pour nos enfants.

Chaque fois on se contentait de nous dire de patienter, car les listes d’attente sont très importantes, même si on sait que cette intervention a de meilleures chances de réussir lorsqu’elle est faite à un âge avancé», témoigne le père de Seif Boureghd, un des enfants transplantés à Skikda.

La mère de Bismala, la seconde fillette implantée, rapporte les mêmes faits : «A Alger, mon enfant était classé à la 525e place sur la liste d’attente. A Annaba, elle figurait en 632e position. On savait que le jour où notre tour viendra, notre fille risquait de dépasser les 6 ans. L’unique solution qui nous restait, était de faire ces interventions à Skikda.»

Mais ici, cet acte chirurgical n’existe pas encore. Ceci ne découragera pas les parents de venir régulièrement  au service ORL de l’établissement hospitalier Abderezzak Bouhara, voir si de telles implantations allaient être programmées. Hayet Bourout, une parente de Seif-Eddine, le 3e enfant implanté, en parle : «On était un groupe de parents d’enfants sourds à prendre attache régulièrement avec Dr Messaoudi, chirurgien en charge du service ORL.

Il nous a beaucoup soutenus et s’est montré disponible à nous aider, en tant que médecin et en tant que personne humaine. On a également trouvé beaucoup de soutien auprès de la direction de l’hôpital  Bouhara, qui a mis ses équipements de pointe au service de nos enfants. Il nous restait juste à trouver l’argent pour acheter quatre implants cochléaires, chose qui n’a pas été aisée.»

Les parents frapperont à toutes les portes en vue de sensibiliser toute âme charitable et collecter plus de un (01) milliard de centimes. C’était énorme pour des pères de famille aux revenus modestes. L’un des pères travaillait comme gardien dans une école primaire, le second comme gardien à la DTP et le troisième, un simple chauffeur chez le propriétaire d’un camion-citerne vendant de l’eau. Une année après, ils allaient baisser les bras avant que trois centres hospitaliers de la wilaya de Skikda ne viennent à leur rescousse en promettant d’acheter à leurs frais trois implants.

Le quatrième devait être acquis grâce, notamment, à la cotisation des quatre parents ainsi qu’à l’apport de quelques bienfaiteurs.
L’hôpital Abderezzak Bouhara et celui de Azzaba tiennent leur promesse. L’hôpital de Collo se décommandera en dernière minute pour des raisons qu’on ignore. Cette défection avait été très mal vécue par les parents, puisqu’elle allait priver un des quatre enfants. Prenant leur mal en patience, les quatre parents se concertent pour décider des trois enfants à implanter au lieu de quatre. Amina Bensaci, une petite rouquine pleine de vie, âgée à peine de 5 ans, n’en a ainsi pas pu bénéficier.

Cette «fausse note» n’altérera pas le bonheur de l’ensemble des parents. Le jour des premières implantations cochléaires, ils étaient tous présents au niveau du service ORL de l’hôpital Abdrezzak Bouhara. Même la mère de la petite Amina était venue les soutenir. «Je ne  peux pas vous expliquer ce que je ressens. D’une part j’ai peur, je ne vous  le cache pas, mais je suis en même temps heureuse de penser que mon fils va enfin entendre et  parler comme tous les enfants»,  témoigne la mère de Seif, âgé de 3 ans.

Ce sentiment était partagé par l’ensemble des parents, dont certains ne parviendront pas à cacher leurs larmes à la sortie de leurs enfants du bloc opératoire. «Les trois interventions se sont déroulées dans de très bonnes conditions», se contentera de déclarer Karim Messaoudi, le jeune chirurgien et non moins parrain de cette opération qui vient de faire sortir ces enfants d’un monde fait de silence et de tant de préjugés.

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