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El Eulma

Les commerçants dans l’expectative

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le 14.08.17 | 12h00 Réagissez

Otages des instructions du gouvernement, des dizaines d’importateurs craignent de faire banqueroute en voyant leurs marchandises perdre de la valeur, puisqu’elles sont sous embargo dans les différents ports du pays jusqu’à nouvel ordre.

Les commerçants qui occupent les rues marchandes et bruyantes d’El Eulma, dans la wilaya de Sétif, et que nous avons abordés n’étaient pas loquaces sur le sujet, et nous avons beau essayé de les faire parler, mais le seul maître mot qui revient, et pour des raisons que nous ignorons, était : «Je suis revendeur de deuxième main. J’acquiers la marchandise de l’importateur et je la revends.» Exception faite d’un seul commerçant qui a accepté de nous décortiquer la situation qui concerne des dizaines de cas comme lui. «Depuis vingt ans que j’exerce cette activité, je n’ai jamais vécu une situation pareille. Mon dossier, à l’instar des dizaines de cas semblables, est bloqué au niveau de la banque Algeria Gulf Bank depuis le 12 juin 2017.

Jusqu’à ce jour aucun déblocage de situation ne se profile à l’horizon. On lit dans les journaux et on parle beaucoup à la télévision sur une imminente levée d’embargo, mais on n’a rien vu venir», nous dit un importateur de tapis. Il poursuit : «Figurez vous que d’un continent à un autre, la marchandise met trois jours pour arriver ici, mais la banque, distante de quelques centaines de mètres de là, mettra je ne sais combien de temps pour nous remettre les documents. La situation est vraiment pesante avec les charges et les employés à notre solde. Nous sommes de bons citoyens solvables qui payons régulièrement nos dus, nous n’avons aucun souci avec le fisc ni autre institution, en retour, l’embargo doit être levé». Même son de cloche à Bordj Bou Arréridj, où certains importateurs subissent les mêmes conséquences de l’embargo, alors que d’autres en sont épargnés. «Nous ne sommes pas concernés par les mesures qui touchent l’importation des produits alimentaires, agroalimentaires, électroménagers et des meubles. Ce que nous importons est autorisé», se contente de nous dire M. Bougataya, importateur de merceries et de textiles.

La situation qui prévaut risque de paralyser toute la région et par conséquent l’économie nationale. Surtout pour une ville aussi dynamique que celle d’El Eulma, qui détient plusieurs atouts économiques faisant d’elle une plaque tournante entre les différentes régions du pays. Elle est à mi-chemin entre Sétif et Constantine, deux villes aéroportuaires, jouxte l’autoroute Est-Ouest, et connaît une fulgurante croissance démographique avec une population passée de 140 000 habitants en 2008 à 240 000 âmes en 2014. Toutefois, l’Association des banques et des établissements financiers (ABEF) a instruit, jeudi dernier, les banques de domicilier les importations des marchandises avant l’instauration du régime des licences et dont les documents d’importation prouvent la commande de la marchandise ultérieurement. En attendant, les commerçants d’El Eulma sont dans l’expectative.

M. Allouache
 
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