Régions Est Jijel
 

Autres temps, autres mœurs

Le Raki, oui, le médecin, non !

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le 21.01.18 | 12h00 Réagissez

Un phénomène tout à fait inédit est en train de gagner du terrain dans le secteur de la santé, aussi bien dans le privé que dans le public, quand des hommes refusent que leurs femmes soient consultées par des médecins hommes.

De même que des médecins femmes se sont mises de la partie pour se montrer réticentes à toute consultation des hommes ou les recevoir dans leurs cabinets médicaux. Pire encore, certaines gynécologues femmes refusent catégoriquement aux hommes accompagnant leurs épouses ou leurs filles l’accès à leurs bureaux de consultation. «Le phénomène est de plus en plus observé», affirment des médecins ayant eu affaire à ce genre de comportement. Dans certains cabinets médicaux privés où exercent des femmes, il n’est pas question aux hommes d’accéder pour être consultés. «C’est pour les femmes», est-il notifié. Pendant ce temps, des hommes ne trouvent aucun mal à ce que leurs femmes soient soumises à des séances d’exorcisme chez des guérisseurs autoproclamés, appelés «raki». Là où le «raki» est tout à fait admis, le médecin est perçu comme un étranger qui n’a pas le droit de soigner une femme. Sous prétexte d’une interprétation des textes religieux, l’homme n’a plus aucune légitimité à consulter la femme et vice-versa.

Pour suivre la tendance d’une société qui se penche vers tout ce qui est religieux, certains médecins ont ouvert leurs cabinets médicaux pour la pratique de la hidjama, très en vogue, pour «prévenir ou guérir » certaines maladies.

La rokia et la hidjama, très répandues dans toutes les régions de la wilaya de Jijel, font partie des mœurs d’une médecine parallèle s’apparentant à un charlatanisme tentaculaire. Récemment, les services de la Gendarmerie nationale sont allés perquisitionner le domicile d’une femme s’adonnant à la rokia, à Chekfa, où des femmes et des enfants y ont été surpris dans l’attente de passer devant cette «guérisseuse». Un dossier a été transmis aux instances judiciaires à l’encontre de cette femme, dont le mari a avoué qu’elle s’adonnait à la rokia depuis des années.

Le phénomène ne reste pas limité à cette affaire, quand on sait que des locaux entiers sont aménagés pour recevoir des «malades» pour une rokia ou une hidjama. Outre des médecins qui s’investissent dans la hidjama, des imams, des récitants du Coran ou d’autres personnes n’ayant rien à voir ni avec la médecine ni avec la religion, ont, à leur tour, investi le terrain pour s’autoproclamer «Cheikh guérisseur».
Des boutiques de divers produits et matériels servant à ces pratiques sont ouvertes à une clientèle qui ne s’en lasse pas de découvrir leurs «vertus». On y trouve des livres, des ventouses de hidjama et bien d’autres outils intervenant dans ce circuit. En dépit des mesures interdisant la vente des préparations à des fins thérapeutiques, des herboristes continuent de proposer toutes sortes de produits. Le comble est que tout est affiché avec grand pub du produit devant ces boutiques. Le tout est davantage encouragé par des journaux et des TV privées, qui font l’apologie de cette «médecine», dite «prophétique» ! 

Amor Z.
 
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