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Source de Lemchaki, à Jijel

Entre mythe et réalité scientifique

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le 23.08.17 | 12h00 Réagissez

Aïn Lemchaki est une source d’eau qui fait de plus en plus polémique. Du fond d’un massif forestier, elle fascine ses visiteurs, qui empruntent des kilomètres sur une piste accidentée et sinueuse dans la commune de Selma Ben Ziada pour l’admirer.

Des profondeurs de la montagne, elle laisse jaillir, et par intermittence, une eau si fraîche qu’elle anime les âmes les plus inertes, pour reprendre les termes de visiteurs qui l’ont approchée et goûté à son eau en ces temps de canicule. Pour certains, cette eau est bénie. Une «baraka», selon des croyances qui sont nées autour de son mythe. Des familles entières y viennent, et parfois de wilayas lointaines, pour faire bénir avec son eau leurs filles, qui n’arrivent pas à se marier, ou leurs femmes pour procréer.

Des femmes en djelbab, en hidjab, ou de simples visiteuses accompagnées de leurs maris ou leurs proches, arrivent souvent par groupes interposés pour boire de son liquide. Certaines personnes font le plein de cette eau et repartent toutes rassurées de cette expédition.
D’autres débarquent devant cette source, patientent, puis repartent sans voir son eau couler. «C’est de mauvaise augure», décrètent certains. «C’est du charlatanisme ! Cette fontaine n’a rien à voir avec ces histoires», rétorquent d’autres. Mais devant cette source, les regards sont subjugués par son eau qui jaillit à fort débit pour ensuite continuer à couler un certains temps avant de disparaître.

Durant un long moment, une demi-heure, voire plus, ou même plus encore, il n’y a plus aucune goutte qui coule, avant que l’eau ne jaillisse de nouveau. Et c’est ainsi sur cet enchaînement que ce phénomène s’observe et soulève moult interprétations. L’endroit a même été transformé en un lieu de pèlerinage. Pas forcément pour les rites qui se développent autour de lui, mais juste pour la découverte d’un site à la nature fraîche et boisé.

Devant toutes ces histoires qui se tissent autour de cette source «miraculeuse», un scientifique de l’université de Jijel sort de sa réserve et met les pieds dans le plat. Fares Kessassera, docteur en hydrogéologie de son état, auteur, par ailleurs, de contributions en rapport avec sa spécialité, apporte la preuve qu’il ne s’agit là que d’un phénomène naturel connu.N’étant pas resté indifférent à toutes ces histoires, il affirme : «Tous les rites qui se développent autour de cette source sont moyenâgeux.» Pour lui, le phénomène a une explication scientifique qu’il résume en ces termes :

«C’est un phénomène tout à fait naturel, il n’a rien de sorcier ou de majestueux, ce sont des sources intermittentes qu’on trouve partout dans les pays du calcaire. Il y en a des dizaines répertoriées dans les Pyrénées françaises, les Alpes, mais aussi des côtés espagnol, italien et grec (il y a même des sources d’eau douce déversant dans les fonds marins au large de la Grèce). En tant que scientifique, il est urgent de sensibiliser les citoyens et de cesser ces interprétations erronées en les associant à des référentiels populaires et religieux.» Notre scientifique nous a même fait joindre tout un fichier pour expliquer ce phénomène avec suffisamment de détails pour mettre un terme à toutes ces interprétations.

Zouikri Amor
 
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