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Place des Martyrs à Constantine

Les commerçants informels chassés par la police

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le 01.06.17 | 12h00 Réagissez

La concentration commerciale anarchique de Rahbet Ledjmal accroît les dangers et empêche le sauvetage en cas de sinistre. Cette mesure louable va-t-elle résister au temps ?

A quelque chose malheur est bon, dit l’adage. La foule habituée à l’anarchie de la place des Martyrs (La Brêche) s’est aperçue, hier, d’un grand changement. Pour la première fois depuis très longtemps, cette place était calme et fluide, où l’on pouvait traverser sans devoir contourner les dizaines et dizaines de vendeurs informels.

Par la force publique, les autorités locales se sont enfin décidées à évacuer cet espace axial du centre-ville de Constantine. Vers 14 h, il y avait au moins 7 véhicules de la police et de nombreux agents en tenue d’intervention, veillant au respect de la mesure. Les cambistes ont disparu. Et la foule compacte qui a pris l’habitude de déborder de Rahbet Ledjmal (vendeurs de téléphones portables et d’accessoires téléphoniques, de chaussures et de friperie) ont disparu aussi.

Les désœuvrés, ayant annexé les marches du théâtre pour venir se prélasser, étaient priés de quitter les lieux. Du coup, la place était nette et agréable, un retour à l’aspect originel des lieux, rêvé par des pans entiers de la population locale, exclus de cet espace. A quoi doit-on cette nouveauté inespérée ? En effet, les autorités semblent avoir pris ces mesures suite au sinistre qui a frappé un bazar à Rahbet Ledjmal. Le rapport d’intervention de la Protection civile a, semble-t-il, fortement contribué à la prise de cette décision. Rappel.

Un terrible incendie, qui s’est déclaré dans la soirée de dimanche à lundi, dans un centre commercial, avait détruit 39 locaux commerciaux. N’était l’intervention de la Protection civile, l’ensemble du bâtiment, contenant 90 magasins et les bâtiments voisins, notamment le théâtre, auraient pris feu. Le gardien avait, quant à lui, été sauvé de justesse d’une mort certaine, grâce aux sapeurs-pompiers. Dieu merci, il n’y a pas eu mort d’homme, cette fois ! Oui, il faut souligner que si la mort n’a pas frappé cette fois, il est peu probable qu’elle rate sa chance, si par malheur un autre sinistre se déclare à Rahbet Ledjmal.

Car dans les conditions où se trouvent ces lieux, la catastrophe est garantie. Imaginez si l’incendie s’était déclaré pendant la journée. Les deux rues menant à la place Rahbet Ledjmal, étant constamment occupées par une foule compacte et des dizaines d’étalages qui ne laissent que quelques centimètres de passage, sont inaccessibles aux camions et aux ambulances de la Protection civile. Les interventions, dans ces conditions, sont sensiblement ralenties, et les chances de sauvetage sont diminuées. Une situation identique au cas des souterrains du centre-ville devenus un espace à haut risque, à cause du commerce informel et des installations électriques de fortune.

La concentration commerciale anarchique de Rahbet Ledjmal accroît les dangers et empêche le sauvetage en cas de sinistre. C’est ce qu’ont fini par admettre les autorités locales, qui ont agi conséquemment. Reste à savoir maintenant si cette mesure louable est inscrite dans la pérennité, ou alors si, comme d’habitude, elle va se heurter au sacro-saint argument de la paix sociale. Un sérieux test pour Kamel Abbes.
 

Nouri N.
 
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