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Attribution de logements sociaux à Constantine

La famille d’une cadre de la wilaya favorisée

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le 05.07.17 | 12h00 Réagissez

Des habitants du quartier Tatache Belkacem qualifient cette affaire de scandaleuse, surtout pour des cas qui ne sont nullement dans le besoin, alors que des familles nécessiteuses poireautent sur les listes d’attente.

Les opérations de relogement dans la wilaya de Constantine ont souvent connu des manœuvres douteuses, où la transparence n’a pas été de mise. Une façon d’agir de la part des autorités, qui fait fi des droits des citoyens et ouvre le champ libre à toutes les supputations, sans parler des conséquences qu’elle engendre.

C’est ce qui s’est passé, lundi dernier, lors de la première étape d’attribution de 259 logements au profit des habitants de la commune de Constantine, particulièrement ceux du quartier Tatache Belkacem (ex-rue Thiers). Un premier constat fait ressortir que seulement trois habitants de ce quartier, qui compte 85 familles ayant obtenu des préaffectations, ont bénéficié de cette opération attendue impatiemment par la population.

Ces personnes ne sont autres que les membres de la famille d’une membre de l’exécutif de la wilaya. Précisément, ses sœurs, dont l’une est une élue à l’APC, et l’autre cadre à la commune de Constantine et son frère, un commerçant marié en 2013. «Ce sont des citoyens et des Constantinois avant tout, mais le malheur ne réside pas là. Ces personnes n’ont jamais fait l’objet ni de recensement ni d’enquête menée par le comité de quartier. Ils ne sont passés par aucune étape réglementaire, comme l’indique la loi algérienne.

Le jour du paiement de l’arrêté, nous étions surpris de les rencontrer sur place», a déclaré Faouzi Bourbia, ancien président du comité de quartier. Selon les informations fournies par les citoyens de ce quartier, ces trois bénéficiaires, dont l’une est une femme célibataire, ont été parachutés dans la liste en catimini, sans être recensés, en attendant le jour J. La déception des habitants a été grande, en constatant que seules ces trois personnes ont été concernées par cette opération.

Pis encore, sur 85 demandeurs habitant le quartier, les cas dénoncés ont été classés prioritaires pour être relogés en urgence dès la première étape. De son côté, l’actuel président du comité de quartier, Abdelali Bouimout, a déclaré avoir refusé de signer le document de son approbation avec les services de la daïra, affirmant qu’il a été implicitement menacé par l’administration de la daïra de Constantine.

Un passe-droit flagrant

Il rejoint les déclarations de M. Bourbia en affirmant : «Il y a des priorités à respecter, des étapes à ne pas brûler, car nous ne sommes plus à l’ère primitive. Nous sommes tous des citoyens et il y a des familles du même quartier qui vivent dans des conditions déplorables. Pour moi, ces familles démunies qui sont dans le besoin total doivent être recasées en urgence. Si les autorités veulent attribuer à ces trois personnes un logement, il n’y a aucun souci, mais personne ne m’oblige à signer quoi que ce soit.»

Les habitants en grogne, qui attendent depuis plus de 10 ans ce relogement, s’interrogent sur les critères selon lesquels ces personnes ont pu obtenir l’attribution : «Au moment où les 500 nouveaux mariés de la vieille ville de Constantine ont déposé leurs dossiers et attendent toujours l’avis favorable pour avoir leurs appartements, comment le frère de cette cadre a-t-il pu avoir un logement ?» El Watan a appris hier que suite à l’opposition du comité de quartier, la procédure d’attribution a été gelée momentanément. Pour avoir sa version des faits, nous avons contacté Bachir Kafi, chef de daïra de Constantine.

Ce dernier a affirmé qu’il ne connaît pas cette famille et qu’il n’a aucun lien avec elle. «Je précise qu’il y a des enquêtes qui se font au fur et à mesure des opérations de relogement. Ceux qui n’ouvrent pas droit ont été supprimés de la liste des bénéficiaires. D’autant plus que ces personnes n’ont obtenu ni contrat ni les clefs des appartements. Tout a été arrêté, car sûrement il y a eu quelque chose d’anormal», a-t-il expliqué. Quelles mesures prendra le wali dans ce sens ? Qu’attendent les autorités locales pour mettre un terme à ce genre de scandales qui surgit lors de chaque opération de relogement ?               

Yousra Salem
 
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