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Ouverture de la piscine de Sidi M’cid après l’aïd el fitr

De l’eau de Javel à la place du chlore !

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le 13.06.18 | 12h00 Réagissez

Attendus par la population de Constantine, privée depuis des années d’espaces de détente et de baignade comme chaque été, les deux bassins de la piscine de Sidi M’cid (La Petite et le Brimo) seront, probablement, mis en exploitation dès la première semaine après l’Aïd, a-t-on appris auprès de Mohamed Almi, directeur de l’Office des établissements de jeunes (ODEJ).

Mais la question qui se pose est la suivante : est-ce qu’il n’y aura pas de problèmes d’hygiène, comme cela a été le cas l’année dernière ? Car il est nécessaire de rappeler aux autorités locales que cette piscine, réhabilitée et rouverte au mois de mai 2017, a été fermée à deux reprises, à cause de la détérioration d’une conduite des eaux usées, affectant l’eau du grand bassin. Une inspection des services d’hygiène s’était déplacée sur les lieux et avait confirmé la contamination de l’eau.

Ce n’est pas tout, car même la réouverture avait été jugée précipitée par les employés de cette structure. Sur place, El Watan avait constaté l’année dernière que cette piscine fréquentée par un nombre considérable de Constantinois manquait de toutes les commodités. Parmi les défaillances à signaler, notons les toilettes, les douches, les locaux de restauration et autres.

Plus précisément, il n’y avait que deux toilettes et une douche collectives pour les hommes. En ce qui concerne les femmes, ces dernières n’ont pas été prises en considération par les responsables concernés. Car, l’on a consacré pour elles, une seule salle complètement dégradée disposant d’une seule toilette dont l’état était très déplorable.

Les conditions d’hygiène étaient affligeantes à tous les niveaux. Même les soi-disant locaux de crémerie au sein de cette infrastructure ne disposaient pas d’un système d’évacuation ou de climatisation. La situation était inacceptable face à l’absence de toutes les commodités pour recevoir le nombre de baigneurs enregistré l’année dernière par les gérants, soit environ 1000 baigneurs par jour. Ce qui a aggravé le problème d’hygiène qui se posait déjà et a poussé les responsables à changer l’eau à plusieurs reprises. Ces mêmes conditions déplorables seront-elles maintenues? 

«Tout a été réglé, il y a eu une nette amélioration des lieux. Nous avons même reçu le rapport de la Protection civile et des services d’hygiène pour sa réouverture la semaine qui suit le jour de l’Aïd. Pour ce qui est des commodités, il ne reste que quelques équipements à installer dans les locaux pour les ouvrir à la population», a répondu Mohamed Almi à notre question sur l’état des lieux.

Au sujet de la qualité de l’eau, notre interlocuteur ajoutera: «L’eau est potable, nous avons tout vérifié. Mais le seul problème qui se pose est celui de la disponibilité du chlore sur le marché. Nous n’arrivons pas à trouver des fournisseurs. Je ne sais pas comment nous allons agir ? Je pense que nous allons utiliser de l’eau de javel ou autre en attendant de trouver un fournisseur. Nous allons essayer de trouver une solution pour l’ouvrir à temps.»

De l’eau de Javel substituée au chlore ? Cette idée nous a semblé incongrue, alors nous avons demané l’avis de Djamel Yahiouche, un ancien cadre de la direction de la jeunesse et des sports de Constantine (DJS), spécialiste en natation. Ce dernier n’a pas manqué d’exprimer son étonnement, en nous affirmant que l’eau de Javel n’est nullement efficace pour la désinfection de l’eau de piscine. «L’eau de Javel peut traiter une petite quantité utilisée dans les domiciles, mais pour une piscine fréquentée par un nombre important de baigneurs l’hypochlorite ou autres sont nécessaires pour la désinfection. Le produit que l’ODEJ veut utiliser ne peut pas résister aux bactéries de l’urine ou autres, car son efficacité disparaîtra une fois que les enfants plongent dans l’eau», a-t-il expliqué.

D’autre part, nous avons appris de source du même secteur que l’hypochlorite est disponible sur le marché. Mais plusieurs fournisseurs ayant requis l’anonymat ont refusé de vendre du chlore à l’ODEJ, car ils n’ont pas été payés. Ils demandent que la direction de l’ODEJ les paie cash et sur le vif. D’ailleurs, les gérants de la piscine olympique du stade Hamlaoui ont fait leur commande d’hypochlorite pour désinfecter l’eau, sans difficulté. Le problème paraît plus sérieux et la situation devrait être prise en charge sérieusement afin d’éviter des préjudices irréparables.                           
 

Yousra Salem
 
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