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Journée de vulgarisation agricole à Biskra

Les industriels n’investissent pas dans les innovations des chercheurs

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le 05.10.17 | 12h00 Réagissez

Les industriels n’investissent pas dans les innovations des chercheurs

Afin de marquer la Journée nationale de vulgarisation agricole, la DSA de Biskra a organisé, mardi à la maison de la culture Ahmed Redha Houhou, une exposition riche en produits agricoles locaux  sous le slogan «L’utilisation des connaissances scientifiques et botaniques pour un développement durable de l’agriculture».

Cette manifestation, qui a vraisemblablement intéressé le public, outre le fait d’exposer des bilans et des chiffres officiels relatifs à la production des produits agricoles dans la wilaya, a permis à des professionnels de présenter leurs communications, à l’exemple de Samira Meradi, doctorante du CNRSTRA, spécialisée en aliments du bétail et particulièrement des ovins, et Karim Debache, docteur à l’université de Berne, en Suisse, microbiologiste natif de Biskra et versé dans l’industrie et le marketing.

Il s’intéresse à la production de compost et d’humus naturel à partir des sous-produits agricoles et des déchets. Dans son intervention, S. Meradi a démontré que le recours à un aliment du bétail produit avec des rebuts et des noyaux de dattes concassés, des fibres de palme et de la luzerne, poussant très bien dans la région des Zibans, avait donné d’excellents résultats. D’après ses essais qu’elle qualifie de «très concluants» menés sur un cheptel d’expérimentation de Leghrous, la croissance et l’engraissement rapides des bêtes du fait de cette alimentation adaptée, saine et parfaitement productible à grande échelle à Biskra, laisse présager un avenir serein et florissant pour les éleveurs d’ovins. «Un Algérien consomme en moyenne 30 kg de viande rouge par an tandis qu’un consommateur européen en mange 80 kg par an. Notre travail montre que nous pouvons augmenter la production de viande rouge d’excellente qualité en recourant à un aliment du bétail produit localement. Biskra produit 60 000 tonnes de sous-produits du palmier dattier dont des palmes, 604 000 tonnes de noyaux de dattes et environ 860 000 tonnes de luzerne.

En les transformant et recyclant à une échelle industrielle, nous pouvons suffire à la consommation nationale des ovins et en décupler le nombre», a-t-elle expliqué. Les éleveurs et les gardiens pastoraux sauront-ils se défaire des anciennes méthodes d’élevage pour en adopter de nouvelles avec un mode d’alimentation des bêtes innovant ? s’interroge-t-on.  Karim Debache a, quant à lui, montré l’importance de l’humus qui est «un organe vivant, la peau de la terre allant de 5 à 40 cm d’épaisseur et qui fait toute la qualité des terres arables», dira-t-il pour imager son propos. «L’humus est issu de la décomposition des matières organiques et végétales favorisée par la présence de microorganismes et de champignons nécessaire à la vie. Il contient de l’oxygène, du potassium, des phosphates et des sels minéraux. Les sols de Biskra gagneront en fertilité et en pérennité à condition de bien les enrichir en compost.

Les procédés de fabrication de cette matière sont connus et parfaitement utilisables pour offrir des quantités appréciables non seulement pour les ‘‘jardiniers du vendredi’’ mais aussi pour les professionnels de l’agriculture», a dit le conférencier. Là encore, les agriculteurs, les phœniciculteurs et les éleveurs de Biskra seront-ils sensibles à ces contributions scientifiques et théoriques et entendront-ils ces conseils et recommandations et se mettront-ils à l’utilisation d’aliment du bétail local et de compost naturel pour fertiliser leurs terres ? La réponse a, semble-t-il, été apportée par Madame Lakhdari, directrice du CNRSTRA de Biskra.

«Depuis dix ans, nous avons déposé un brevet de fabrication d’un compost issu des sous-produits du palmier dattier d’une excellente qualité, mais il n’intéresse personne. Nous avons une somme de connaissances colossales pour préserver les zones arides, y développer l’agriculture avec une utilisation rationnelle des eaux, un enrichissement permanent et continu des sols, la préservation des espèces animales sauvages et domestiques et l’essor de la population du Sud. Malheureusement, nos travaux n’ont aucun écho auprès des investisseurs et des industriels nationaux. Nous avons plusieurs brevets d’invention et de découvertes et je suis réticente, vu le retour désespérant, à les faire homologuer et breveter. Nos connaissances et expertises sont délaissées», a-t-elle clamé pour exprimer une colère diffuse contre les pouvoirs publics et les industriels privés n’investissant pas dans les innovations des experts algériens.                                                                                                                  
 

Hafedh Moussaoui
 
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