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Face aux nouvelles mesures régissant leur activité

Les herboristes de Biskra dans le désarroi

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le 10.06.17 | 12h00 Réagissez

 
	Cette rencontre, organisée par la CCI Zibans, s’est tenue à la Maison de l’artisanat
Cette rencontre, organisée par la CCI Zibans, s’est tenue...


Invités à une journée d’information portant sur les nouvelles dispositions et orientations du ministère de la Santé et de celui du Commerce interdisant l’importation, le conditionnement, la préparation de fortifiants, l’élaboration de médicaments et de compléments alimentaires, ainsi que la revente de produits à base de plantes dites «médicinales», les herboristes ont exprimé, mercredi matin à Biskra, leur désarroi et leur colère à l’endroit des initiateurs de ces mesures lesquelles, selon eux, «vont mettre fin à une activité traditionnelle pourvoyeuse de milliers de postes d’emploi et prisée par la population algérienne». Initiée par la CCI des Zibans, en collaboration avec la direction du commerce, cette rencontre, qui s’est tenue à la Maison de l’artisanat de Biskra, a permis de mettre en avant un certain nombre d’incohérences et d’aberrations relevées par les intervenants craignant visiblement pour leur avenir. Mohamed Hamidi, expert international en plantes médicinales et médecine traditionnelle et membre de la Fédération nationale de professionnels des plantes et produits naturels, relève qu’au lieu d’organiser le secteur à l’image des pays européens, asiatiques et moyen-orientaux, l’Algérie a recours à une interdiction inique et destructrice, alors que l’OMS préconise d’inclure les médecines traditionnelles ou parallèles ou encore complémentaires au système de santé conventionnel. «90% des produits vendus chez les herboristes sont des huiles, des extraits, des mixtures et des mélanges aux effets reconnus et dont les recettes sont ancestrales.

En interdire le commerce subitement est un véritable séisme pour les professionnels. Il faudrait une réflexion plus approfondie et de véritables mesures pour organiser cette activité», a-t-il souligné. Un avis partagé par Saïd Hachad, président de l’Union des commerçants et de tous les présents, qui prônent de leur octroyer un délai d’un an afin qu’ils puissent se mettre au diapason des nouvelles mesures édictées à leur encontre, d’ouvrir un centre ou une école de formation pour les maîtres-artisans herboristes et d’organiser un congrès national, voire international, afin de séparer «le grain de l’ivraie» «Il faut trouver des solutions palliatives à cette interdiction pure et simple, alors que l’Algérie peut devenir exportatrice de plantes médicinales et de produits parapharmaceutiques, pourvu que l’on encourage les professionnels du secteur ayant une grande expérience en médecine traditionnelle et en commerce de plantes médicinales comptant de 8 à 900 000 travailleurs au niveau national et quelque 300 entreprises de fabrication de produits issus des plantes et qui devront mettre la clé sous le paillasson en attendant des jours meilleurs», a expliqué un industriel de Biskra dont les produits se vendent dans tous le pays. Le directeur du commerce de Biskra a tenté de calmer les esprits en expliquant que ces nouvelles dispositions visaient à organiser le secteur, a orienter les vrais herboristes tout en disqualifiant les charlatans et autres faux médecins se permettant, dans les arrières-boutiques, de pratiquer la phytothérapie, l’aromathérapie, la saignée, l’acupuncture et autres pratiques médicales traditionnelles et parfois douteuses sans aucune formation et au mépris de la santé publique. Autorités publiques et herboristes ne semblent pas sur la même longueur d’onde quant à la manière de remettre de l’ordre dans un secteur trop longtemps délaissé, a-t-on constaté.

Hafedh Moussaoui
 
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