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Récolte de dattes à Biskra

Le recours à une main-d’œuvre étrangère est exclu

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le 21.12.17 | 12h00 Réagissez

Alors que la période de récolte des dattes, commencée en septembre dans la wilaya de Biskra, touche à sa fin, des dizaines de régimes de cette baie des Oasis n’ont pas été cueillis faute de main-d’œuvre qualifiée, a-t-on appris d’un collectif de phœniciculteurs.

Une virée à travers les palmeraies des Ziban ouest a permis de se faire une idée sur l’ampleur du phénomène. Beaucoup de palmiers n’ont pas été délestés de leurs précieuses charges.

Les régimes de dattes mûres à point sont recouverts d’un film en plastique jaune les protégeant des intempéries et des insectes. Dans moins d’un mois, les dattes non récoltées seront irrémédiablement gâtées et vouées au rebut. «Je suis en retard pour la récolte des dattes. J’attends l’arrivée d’une équipe de récolteurs d’un jour à l’autre. Je préfère attendre que de confier ma récolte à n’importe qui. Les travailleurs agricoles qualifiés se font rares. Il ne reste que quelques vieux maîtrisant les techniques et ayant la dextérité nécessaire pour grimper aux palmiers et en détacher les régimes avec délicatesse», a confié un agriculteur exploitant une palmeraie de 1200 stipes de Deglet Nour à Foughala.

«Les jeunes préfèrent ne rien faire que de travailler dans une palmeraie. Mes propres enfants universitaires ne viennent plus ici. Ils ont tous des téléphones portables et des cartables, mais ce n’est pas avec cela que la récolte se fait», a ajouté un autre producteur de dattes de Leghrous en voulant visiblement aux jeunes d’avoir déserté les palmeraies. Il faut savoir qu’un ouvrier agricole spécialisé en récolte des dattes travaille de 7h à 12h pour 2 500 DA la journée et 5 000 DA quand les palmiers culminent à plus de 8 m. Outre la descente des régimes, il s’occupe aussi de l’élagage des vieilles palmes et du pré-conditionnement des dattes réalisé sur place. En dépit de ces émoluments attractifs, les candidats ne se bousculent pas au portillon. La filière, comptant à Biskra 4,2 millions de palmiers dattiers, manque cruellement de main-d’œuvre, relève-t-on.

«Mais ce problème ne touche pas que les producteurs et les conditionneurs de dattes, les producteurs de produits maraîchers, les exploitants de serres agricoles, les producteurs d’olives, le BTP et les  éleveurs d’ovins sont aussi en manque de travailleurs qualifiés et assidus. A titre d’exemple, les gardiens de troupeaux sont en voie de disparition, alors que le cheptel grossit de jour en jour. Nous devons adopter de nouvelles approches pour attirer les jeunes vers ces métiers nécessitant des capacités manuelles, du courage et de la volonté», a souligné Belgacem Mezroua, au nom de la Fédération des éleveurs de la wilaya de Biskra. «Nous avons trop choyé et gâté nos enfants, à tel point qu’ils ne connaissent plus les valeurs du travail. Ils vivent dans le confort pour la plupart sans jamais avoir travaillé, alors que des milliers de postes d’emploi restent vacants.

Nous n’avons pas réussi à mécaniser certaines opérations agricoles et nous devons réfléchir aux moyens de motiver les jeunes à réinvestir les secteurs agricoles et de l’industrie agroalimentaire, lesquels sont à Biskra des créneaux prometteurs. Il serait quand même paradoxal d’avoir recours à une main-d’œuvre agricole  étrangère, alors que le taux de chômage reste important dans notre région», a soutenu Messaoud Guemari, président de la Chambre agricole de Biskra. Interrogé à Tolga lors d’une rencontre avec les phœniciculteurs et les industriels sur la possibilité de recruter des ressortissants de pays voisins à l’Algérie pour la récolte et le conditionnement des dattes, Youcef Yousfi, ministre de l’Energie, avait rétorqué que cette éventualité n’était pas à l’ordre du jour au niveau du gouvernement. «Associez-vous pour créer des centres et des instituts de formation aux métiers agricoles afin d’en assurer la pérennisation et d’attirer les jeunes.

Nous allons mettre en place des commissions pour étudier toutes les suggestions et tous les points soulevés par les industriels. Un avion cargo reliera Biskra à Marseille pour permettre aux exportateurs de fruits, de légumes et de dattes d’écouler leurs produits sur le marché européen. Il s’agit d’être compétitif et concurrentiel sur tous les plans et de se relever les manches pour augmenter nos exportations», avait suggéré l’hôte de la Reine des Ziban. 

Hafedh Moussaoui
 
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