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Café philosophique de Biskra

Ahmed Dellabani décortique la relation entre violence et islam

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le 22.06.17 | 12h00 Réagissez


Partant du postulat que la violence est un phénomène anthropologique inhérent à toute construction sociale et qu’elle préexiste en dehors des textes fondateurs de l’islam qui serait une religion refuge pour des millions de laissés-pour-compte, dont les «lendemains ne chantent plus», une planche de salut suppléant au vide laissé par la disparition des grandes idéologies humanistes pour des communautés noyées dans le délitement des valeurs, la mondialisation et l’uniformisation de la pensée, Ahmed Dellabani, professeur de philosophie et écrivain-essayiste, a suscité de vives réactions et interrogations de son public venu assister, dimanche soir, au 3e café philosophique de Biskra initié par l’Association Mosaïque. Invité à animer cette soirée dédiée au thème de la relation entre violence et islam, le conférencier a cité les travaux de ses prédécesseurs de renom qui ont essayé de déconstruire le discours idéologique et européo-centriste faisant de la religion musulmane une source de violence. « Aucun édifice social ne peut être construit sans violence.

Ce sont le vécu amer, les inégalités, l’injustice, l’exclusion, le désespoir et le déni des droits fondamentaux de l’humain qui génèrent une violence que l’on peut étayer par la suite par des versets coraniques sortis de leur contexte. L’histoire nous apprend que des communautés musulmanes ont fondé par le passé des sociétés justes, tolérantes et ouvertes à la diversité, alors que celles d’aujourd’hui se caractérisent par une pensée cadenassée dans toutes les strates de la société. L’approche culturaliste, sociologique et religieuse ne suffit pas pour appréhender les origines de la violence légitimée dans bien des cas par une idéologie. L’islam serait-il la boîte de Pandore ? Pourquoi autant de livres sur les problématiques identitaires sont-ils publiés un peu partout à travers le monde ? Le monde actuel est marqué par le refus et la négation de l’Autre, la victimisation des uns et la culpabilisation de l’autre. N’est-ce pas des incubateurs de violences poussant des individus vers d’autres formes de violence ? C’est ce que nous pouvons dire sans pour autant légitimer toutes formes de violence quelles que soient leurs motivations et finalités», a dit en substance le philosophe auquel les intervenants, tous âgés de la cinquantaine, et plus, ont apporté de l’eau à son moulin en évoquant la nécessité d’avoir un projet de société cohérent, moderne et ouvert sur le monde et ses diversités, une école républicaine et laïque formant non pas des sujets, mais des citoyens et des dirigeants cultivés, intellectuels et conscients de leur responsabilité.

Ceci pour endiguer, selon eux, le phénomène de l’extrémisme idéologique et de la violence légitimée par des discours religieux. À noter qu’un intervenant a demandé à l’Association Mosaïque d’entamer une réflexion poussée afin d’inciter les jeunes lycéens, les universitaires et la gent féminine à participer à ce genre de rencontres. Encore une fois, ce café philosophique a tenu toutes ses promesses autant par la qualité du conférencier que par le niveau appréciable des interventions et des débats. Des dizaines d’internautes ont pu le suivre en direct à travers un réseau social. Une manière pour Mosaïque d’être à la page et d’agrandir son auditoire essentiellement composé de facebookers algériens, canadiens, français et tunisiens, souligne Saddek Guedim, membre de l’association et technicien hors pair.
 

Hafedh Moussaoui
 
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