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Démonstration du Garra Rufa, «le poisson docteur», à Guelma

Pédicure et traitement des maladies de la peau en milieu thermal, c’est possible

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le 29.01.18 | 12h00 Réagissez

L’introduction de ce poisson en Algérie est à un stade embryonnaire, surtout que sa multiplication nécessite des conditions d’hygiène draconiennes.

Le Garra Rufa, appelé communément «poisson-docteur» ou «poisson-chirurgien», a fait sensation auprès des invités venus spécialement le «voir à l’œuvre» à Hammam Ouled Ali, une station thermale réputée de la wilaya de Guelma. Une démonstration a été organisée, samedi, à l’issue d’une journée d’étude dédiée à ce poisson d’eau douce par l’association Planète bleue activant dans la protection de l’environnement et de l’aménagement du territoire à Guelma, en collaboration avec la direction régionale de la pêche et des ressources halieutiques de la wilaya.

En effet, une femme de l’assistance a bien voulu se prêter à cette expérience, en plongeant ses deux pieds dans un aquarium rempli de poissons. «C’est agréable. Ça picote légèrement», dira-t-elle, en souriant, face au public. Quelques minutes plus tard, elle en sort avec la sensation d’une peau toute douce. Ainsi, le Garra Rufa, doté d’une bouche édentée à ventouse est capable de nettoyer les peaux mortes de personnes saines et même malades.

Ce poisson est appelé à être introduit dans les salons de soins esthétiques et probablement dans les stations thermales. «Les bienfaits des séances de Garra Rufa ne sont plus à prouver dans les soins des pieds, mais aussi dans le traitement de maladies de la peau, telles que l’eczéma et le psoriasis. La Turquie est un pays pionnier en la matière», ont révélé des intervenants lors de cette journée d’étude. Introduit récemment à Aïn Benian (Alger), sa multiplication ne fut pas chose aisée.

«Il y a une année, nous avons mené des tentatives de multiplication du Garra Rufa. Nous avons accusé des taux de mortalité dépassant les 95%», a déclaré à El Watan Yazid Meskini, dirigeant de la société Docteur Fish Algérie. «C’est un poisson très sensible. Il stresse très vite lors du changement des caractéristiques de l’eau. Ce que je peux vous dire à ce sujet, c’est que mon père est un aquariophile, qui a persévéré dans cet élevage et a pu obtenir de bons résultats.

Aujourd’hui, nous fournissons ce type de poisson et la demande dépasse l’offre. Pour les eaux thermales de Hammam Ouled Ali, nos poissons se sont adaptés en moins d’une heure. Bien évidemment, les conditions d’hygiène de l’aquarium sont draconiennes», a-t-il expliqué. Dans ce contexte, une contamination, tant pour la personne que pour le poisson pourrait-elle se déclarer ? «Jusqu’à présent, il n’y a eu aucun problème majeur signalé.

En plus du protocole d’hygiène de l’aquarium, certains malades ne sont pas admis, car il existe un risque potentiel de transmission d’agents pathogènes. Des personnes peuvent introduire des germes qui peuvent atteindre les poissons. Ils seront vite mis en quarantaine. Alors que d’autres personnes sont à risque d’infection, tels les diabétiques, les immuno-déprimés et les sujets ayant des lésions. Le risque zéro n’existe pas», a précisé le docteur Meriem Kezzar, épidémiologiste à l’EPSP de Guelma.

Un investissement et des retombées

Quoi qu’il en soit, l’introduction du «poisson-doc» en Algérie et sa multiplication n’est qu’à un stade embryonnaire. Le coût de l’investissement n’est pas négligeable. Pour une chaise dotée d’un aquarium de 100 poissons avec les équipements indispensables, il faudrait débourser 110 000 DA, quant aux prix pratiqués, ils varient entre 1000 et 2500 DA selon la durée de la séance.

«A l’échelle mondiale, le rôle du Garra Rufa dans le tourisme médical représente un volume de 300 milliards de dollars. Il devrait passer à 500 milliards de dollars dans trois à quatre années», soutient Yazid Meskini.

Et de conclure : «En Turquie, cette filiale rapporte annuellement entre 2,5 et 4 milliards de dollars, notamment dans les stations thermales de ce pays.» Notons enfin que cette journée d’étude a vu la présence de professionnels des secteurs de la pêche et des ressources halieutiques  de plusieurs wilayas, mais aussi des cadres de l’agriculture, des services vétérinaires et de la santé publique.                             

Karim Dadci
 
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