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Soirées du ramadhan à Souk ahras

Palabres, musique et achats

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le 14.06.18 | 12h00 Réagissez

Flâner jusqu’au petit matin est devenu possible grâce à un dispositif sécuritaire déployé au niveau des points névralgiques de la ville de Souk Ahras.

Les familles les plus casanières ont pris leur revanche au mois de jeûne et elles ne l’ont pas regretté, car au beau milieu des rues commerçantes s’est installée une ambiance exceptionnelle.

Musique, chants, rires, terrasses bondées. Bref, un climat de fête qui aura duré un mois, avec comme seul inconvénient une rupture avec Morphée. Une partie de cette faune noctambule n’émet pas les mêmes signes d’entrain et de passion, elle qui est saignée à blanc à l’occasion des achats multiples qu’impose la coutume et les «qu’en-dira-t-on» des voisins. Effets vestimentaires, gâteaux traditionnels et autres préparatifs de l’Aïd achèvent toute chance d’économie pour les bourses moyennes frappées de plein fouet par l’érosion du pouvoir d’achat et la spéculation.

Pour Salah-Eddine, qui perçoit 26 000 DA, le recours à l’endettement est inévitable et les besoins quotidiens de sa famille composée de cinq membres ne tolèrent ni euphémisme ni discours de faux dévots tels qu’il en entend quotidiennement. «Les commerçants spéculateurs se découvrent à l’occasion de ce mois une vocation de personnes pieuses et généreuses. Nenni, ce sont des transactions faites au vu et au su de tous et j’ ai été invité à m’y associer. Toutes ces associations de bienfaisance sont détentrices des marchés de gros et des recycleurs de l’argent blanchi au gré des colorations partisanes et des intérêts», a-t-il fulminé, la voix à peine audible.

Les nuits de Ramadhan sont aussi faites de discussions, de débats et d’informations transmises via le net. La politique, le baccalauréat et les derniers concours professionnels dans le secteur de l’éducation alimentent l’espace bleu et drainent commentateurs et sympathisants.
On y palabre au sujet des prochaines sénatoriales, les positions des partis politiques, les options futures du pays, du plan anti-triche mis en application par le département de Benghabrit et de plusieurs autres sujets d’actualité.

Un léger mieux pour l’animation

Côté activité culturelle, le programme concocté par la direction de la culture en ce mois de Ramadhan et malgré quelques lacunes sans impact sur le bon déroulement des soirées du Ramadhan est à inscrire dans le lot des bonnes volontés du moment que l’on a réussi, tant bien que mal, à faire sortir des familles vers les salles prévues pour l’animation artistique.

Celles de Tahri Miloud, la Cinémathèque et l’hôtel Oum El Kheir ont ravi la vedette avec le passage de plusieurs artistes locaux de renommée et aussi ceux invités depuis d’autres wilayas, tels que Ayachi Dib et Hamdi Bennani. M. Menzer, un artiste et mélomane s’est exprimé à ce sujet avec optimisme. Voici ses propos : «Je considère personnellement que ce mois a connu une intensification des activités culturelles artistiques qui font l’exception par rapport aux années précédentes où nos participations se comptaient sur les doigts d’une seule main.»

Son avis est partagé par un bon nombre de participants à ces soirées d’art. «Puisse cette bonne expérience être pérennisée au-delà du mois de jeûne pour instaurer une tradition en matière d’activités nocturnes», a ajouté l’un d’eux. Passé les épreuves du mois de jeûne, les ménages auront à attendre la prochaine mensualité qui sera disputée par l’épicier du quartier. Point de répit, bonjour les vacances, porteuses, elles, de toutes les disparités sociales.                                     
 

Abderrahmane Djafri
 
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