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Son territoire regorge de vestiges

Mila, histoire millénaire et richesse archéologique

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le 03.07.17 | 12h00 Réagissez

 
	Le vieux Mila, la seule ville antique encore habitée dans le monde
Le vieux Mila, la seule ville antique encore habitée dans le monde

Le territoire de la wilaya de Mila est un musée à ciel ouvert au sens propre du terme.

Il n’y a pas une seule commune, parmi les trente-deux que compte la région, qui ne renferme pas au moins un site archéologique. Des sites qui remontent pour la plupart à l’époque préhistorique, mais beaucoup également datent de l’ère musulmane, ottomane ou coloniale. Il est vrai que pour le tourisme historique et la recherche spécialisée, le site le plus en vue reste celui du vieux Mila, la seule ville antique encore habitée dans le monde, ou celui de Mecheta Larbi, à Chelghoum Laïd, où les fouilles ont permis de mettre au jour une importante station renfermant des restes d’une trentaine d’individus et une escargotière de l’ère paléolithique supérieur (entre 10 000 et 5000 ans av. J.-C.).

Mais les autres sites, épars à travers le territoire de la wilaya, ne sont pas moins importants non plus au plan touristique ou scientifique, compte tenu de l’extraordinaire variété de vestiges qu’ils recèlent, à l’image des fresques de Sidi Zerrouk, dans la commune de Rouached, des points de surveillance romains érigés au IIIe siècle avant notre ère le long de Oued Rhumel pour sécuriser la route commerciale de Chullu (nom phénicien de la ville de Collo), qui reliait Mila à cette ville côtière de l’Est algérien, et des grottes habitées par des hominidés et autres bâtiments musulmans, turcs ou français qu’on retrouve pratiquement aux quatre coins de la région. Mais il ne s’agit là que de quelques repères cités à la hâte, car la richesse historique et archéologique exubérante de la région, en perpétuel enrichissement par de nouvelles découvertes d’ailleurs, est telle qu’elle confère à la wilaya une place de choix dans le répertoire des régions d’Afrique du Nord qui ont abrité l’espèce humaine depuis la nuit des temps et qui, au cas où elle serait correctement mise en valeur et judicieusement exploitée, pourrait apporter une plus-value tant à la culture qu’au tourisme local.

De nouvelles découvertes

Pour important qu’il soit, le champ archéologique de la wilaya continue de s’enrichir à la faveur de nouvelles découvertes de sites entiers ou d’objets anciens. Les fouilles entreprises un peu partout depuis l’année 2003 ont permis, en effet, d’enrichir le patrimoine archéologique de la région de dizaines de nouvelles stations et de milliers d’objets. En 2016 seulement, les fouilles ont mis au jour trois nouveaux sites antiques. Le premier, découvert le 3 août, est localisé à Mecheta Naâyaj, dans la commune de Sidi Merouane. La minuscule localité, anonyme jusqu’alors, suscite, à la faveur de cette découverte, un intérêt particulier de la part des riverains notamment. Le deuxième site est situé dans la commune de Hamala, sur les montagnes du nord de la wilaya. Il a été baptisé site de Aïn Lekbira.

Sa découverte remonte au 24 novembre de la même année. Le site aurait été un point de surveillance romain de la route commerciale Mila-Chullu citée plus haut. La troisième découverte de l’année 2016 a été faite au village Berrached, à Chelghoum Laïd, en date du 11 décembre. Les trois points recèlent une étonnante variété d’antiquités. S’agissant des objets anciens découverts à la faveur de fouilles ou retrouvés fortuitement, ils sont au nombre de 784 unités, de quoi meubler un musée pour ainsi dire. En effet, pas moins de 784 objets archéologiques ont été découverts entre 2012 et 2017, dont 611 pièces numismatiques, 32 poteries, 15 fossiles, 21 outils en pierre, 15 pièces de céramique, 44 objets métalliques 01 manuscrits, 01 tête de statue et 43 pièces diverses. Il est à souligner que sur le seul territoire de la commune de Grarem-Gouga, située au nord de Mila, à la limite territoriale avec la wilaya de Skikda, il a été retrouvé 322 pièces de monnaie anciennes, 3 lampes à huile, 12 pièces de poterie, 15 fossiles, 21 outils en pierre, 38 pièces de bijouterie et 43 objets divers.
 

Un patrimoine déposé au musée Cirta

Paradoxe. Une région aussi riche en vestiges historiques ne dispose pas encore d’un musée. Aussi, pour préserver son patrimoine, on recourt au musée Cirta de la ville de Constantine. En effet, depuis 2003, l’établissement constantinois est utilisé comme dépôt des objets archéologiques de la wilaya de Mila, conformément aux orientations du ministère de la Culture. Selon Lazghed Chiaba, chef du service Patrimoine à la direction de la culture, les objets archéologiques de la wilaya de Mila sont déposés au musée Cirta, en vertu d’une convention conclue en 2003 entre les deux parties. «En 2017, on a transféré 783 objets à ce musée. C’est la troisième opération du genre, après celles de 2003 et 2011.» Notre interlocuteur précise, par ailleurs, que ces objets seront récupérés dès que Mila aura son musée.

K. Bouabdellah
 
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