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Ils sont natifs de Souk Ahras

Les frères Allaounia, héros méconnus de la Révolution

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le 01.11.17 | 12h00 Réagissez

 
	Mohamed-Cherif et Abdallah
Mohamed-Cherif et Abdallah

Aucun édifice public à Souk Ahras, ou à Alger, ne porte leur nom et aucune partie n’en fait référence pour illustrer les actes de prouesse devant les  générations montantes.

Allaounia Mohamed-Cherif, né à Souk Ahras le 18/09/1930, a compris très jeune que le colonialisme n’a aucune foi et que tout peuple placé sous son joug est appelé à subir misère et injustice. Après une scolarité interrompue, malgré des qualités d’élève très brillant, il quittera sa ville natale pour aller s’installer à Alger en quête de travail.

C’est vers la fin des années 1940 que le nom de ce jeune athlète sera retenu dans le milieu comme l’un des durs de la capitale. Il fera la connaissance d’Ali la Pointe, avec lequel il tissera des liens d’amitié qui seront d’une grande utilité lors de l’implantation des premiers commandos d’Alger, la veille du déclenchement de la Révolution.

Il y participera et ensuite dirigera des dizaines d’opérations spectaculaires entre les années 1954 et 1960, année de son arrestation par les forces de l’occupant. Placé sous haute surveillance à Lyon, il y sera détenu jusqu’à l’année 1964, après négociations avec le gouvernement français au sujet des prisonniers maintenus en métropole. Il occupera la fonction d’administrateur-gestionnaire dans plusieurs départements du ministère des Moudjahidine, où il se distinguera par sa magnanimité et la célérité dans la liquidation des arriérés des ayants droit.

Décédé le 12/02/1971 des suites d’une courte maladie, son nom, qui est inscrit dans toutes les archives de la Révolution, n’est que rarement évoqué lors des rencontres publiques. Son frère, le martyr Allaounia Abdallah, dit «Abdelkrim Groumiou», tombé au champ d’honneur l’année 1961, sillonnait des années durant les montagnes de la région de Souk Ahras et livrait dans ses traversées de rudes combats aux légionnaires et autres sbires de la police française, si bien qu’un régiment spécialisé dans l’anti-guérilla réussit à l’arrêter.

Même mort, la France coloniale châtia son corps. Il sera exhibé à bord d’un véhicule militaire depuis le lieu de l’accrochage jusqu’à la maison parentale. Le corps sans vie  et maculé de sang a été lancé depuis la Jeep, devant les yeux de sa mère, Bouakan Messaouda. Cette dernière évitera de justesse la mort sous ce choc, mais gardera des séquelles, dont une surdité et plusieurs autres maladies chroniques.

Allaounia Mahmoud, le troisième frère, soupçonné des les premières années de la Révolution, fut arrêté et ensuite sauvagement torturé par les parachutistes et les services de renseignements de l’armée. Il s’en sortira avec un corps mutilé. Pour ces trois héros de la glorieuse épopée de Novembre, l’oubli sera un supplice de plus. Aucun édifice public à Souk Ahras ou à Alger ne porte leur nom et aucune partie n’en fait référence pour illustrer les actes de prouesse devant les  générations montantes.                                    

Abderrahmane Djafri
 
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