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Rencontre sur le traitement phytosanitaire des céréales à Guelma

Les fellahs confrontés au marketing

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le 31.01.18 | 12h00 Réagissez

Pour préparer la campagne de désherbage et de traitement contre les maladies des céréales, des agriculteurs, représentants des Chambres de l’agriculture et cadres du secteur des wilayas d’El Tarf, Annaba, Souk Ahras, Skikda et Guelma ont assisté, lundi dernier, à une journée d’information à Hammam Ouled Ali.

Une journée organisée par la société Rotam Canada, en collaboration avec la DSA de Guelma. Présente dans 60 pays, Rotam Canada est spécialisée dans la fabrication, la production, la recherche, le développement, et surtout l’homologation de leurs gammes auprès des ministères de l’Agriculture de certains pays, dont l’Algérie, depuis 2007.

«Nos fellahs assistent à des séances de démonstration et autres journées d’information dédiées aux grandes cultures, mais finalement ils n’en font qu’à leur tête, malgré les recommandations», a affirmé la directrice de l’Institut technique des grandes cultures (ITGC) de Guelma. «Un grand nombre d’agriculteurs ne respectent même pas les normes de semis. Nous avons vu des parcelles de blé semées à plus de 2 quintaux/h. Alors que les normes internationales préconisent 1,4 à 1,7 q/h.

La densification du semi influe sur l’apparition des maladies. Nos céréales mises à la disposition des fellahs sont irréprochables», dira-t-elle. «Il y a manifestement un non-respect de l’itinéraire technique et une utilisation abusive des traitements par dessus tout. Si nos agriculteurs se donnaient la peine de consulter la météo (température, hygrométrie), ils pourraient anticiper et optimiser les interventions sur les champs», conclut-elle.

Enfonçant le clou, l’un des organisateurs lance : «Oui ! Il y a un grand problème de maîtrise de l’itinéraire technique. Certains fellahs ne savent toujours pas régler les buses, les débits et les pressions des asperseurs. Les produits phytosanitaires, antifongiques, herbicides et insecticides, auront une efficacité diminuée, voire nulle, et même néfaste.»

Bien évidemment, tout n’est pas gris dans le monde de l’agriculture. Les fellahs de la nouvelle génération, bien qu’ils ne soient pas nombreux, constituent l’élite. Et les rendements sont là pour le prouver. Derrière toute cette agitation, nous l’aurons compris, il y a une vaste campagne de marketing à laquelle se livrent les grands groupes de distribution de produits phytosanitaires en Algérie. Une campagne qui en cache une autre, à laquelle prennent part les autorités locales.

Aujourd’hui même, à Biskra, et demain, à Constantine probablement, des journées similaires seront organisées au profit des agriculteurs. Ce sont d’autres firmes et des industriels du secteur qui le feront. «Les parts de marché sont énormes. Et la bataille pour capter l’intérêt des milliers de fellahs est sans répit», ont déclaré à El Watan des agriculteurs conscients des enjeux.

«Le coût des traitements (fongicides, herbicides et insecticides) à l’hectare varie d’une marque à une autre. On passe rapidement de 3500 à 10 000 DA, voire plus, à l’hectare. Et chacun vante les mérites de sa molécule et son action sur la maladie. Ajouté à cela les produits de la contrebande, il y a de quoi s’y perdre», concluent nos interlocuteurs.                               
 

Karim Dadci
 
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