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Harraga d’El Kala (El Tarf)

Les départs reprennent

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le 28.06.17 | 12h00 Réagissez

L’avant-dernier départ de harraga de la région d’El Kala remonte à octobre 2007, à la veille de l’Aïd El Adha. Deux embarcations avaient pris la mer de la plage de la Vieille Calle, avec 27 personnes à leur bord.

Les services de sécurité, gendarmerie et Gardes-côtes, informés par les parents, avaient investi les lieux, mais sans pouvoir empêcher le départ des jeunes venus de toutes les wilayas de l’Est. Ils menaçaient en effet de s’immoler avec les 600 litres d’essence qu’ils avaient emportés. Les occupants de l’une des embarcations sont revenus vers le rivage un peu plus à l’est pour s’évaporer dans le maquis. Mais, à ce jour, on n’a plus eu de nouvelles des 13 autres. Les départs des plages d’El Kala ont repris la semaine dernière à la faveur de conditions météo exceptionnelles. Une mer d’huile sur les 200 km qui séparent El Kala du port de Cagliari, capitale de la Sardaigne. Les premiers clandestins, dont une femme enceinte, partis de la petite plage de Fkirina, près de la Vieille Calle, sont arrivés sains et saufs. Ils ont informé leurs proches et se sont même offert le luxe de publier des photos sur les réseaux sociaux.

Ils ont débarqué dans le port de Cagliari sans en être empêchés et se sont promenés dans la ville sans être inquiétés. Ils ont fini par trouver le gîte et le couvert chez des particuliers. La traversée a duré 15 heures et la seule frayeur qu’ils ont eue c’est le risque de sombrer dans les vagues du sillage des supertankers. Les candidats au second départ, qui seraient une douzaine, n’ont pas donné signe de vie à ce jour. En fait, les informations sont éparses et contradictoires. Dans une version, ils sont partis de la Messida. Ils auraient été poursuivis par les Gardes-côtes et leur ont échappé en regagnant la rive algérienne, ce qui est peu probable, ou plus à l’est en Tunisie. Dans une autre, ils ont tenté la traversée et Dieu seul sait quel aura été leur sort. Dès le lendemain, les habitants d’El Kala pouvaient voir un bâtiment de la Marine nationale mouiller en permanence dans le golfe, à l’affût des harraga.

Ce qui ne les a pas découragés, puisque 14 d’entre eux ont été interceptés le 22 juin dans la nuit. Partis de la plage des Sables d’or, ils avaient emporté 150 litres d’essence et comptaient rejoindre les côtes sardes. Les services de sécurité qui ont agi sur renseignements ont pu les en empêcher à temps. On apprend également que le même jour, à 4 heures, les gendarmes de Chatt ont interpellé sur la plage 6 personnes qui s’apprêtaient à rejoindre les côtes italiennes. Ils avaient en leur possession des sacs de voyage avec des vêtements, une somme de 120 000 DA et 44 comprimes de psychotropes. Comment expliquer ce retour des départs d’El Kala depuis la disparition de 13 enfants de la ville en octobre 2007 ?  C’est la fin du corail, dit-on, il n’y en plus, même à 120 m de profondeur et cela ne rapporte plus sauf coup de chance ou miracle. Il est vrai que les embarcations de «plaisance» qui s’adonnent à cette activité illicite sont de moins en moins nombreuses à prendre la mer. Le poisson aussi il n’y en plus et c’est parce qu’il n’y a plus de corail dans lequel, il s’abritait, se nourrissait et frayait. Le seul métier de la mer qui reste c’est passeur de harraga. C’est à dire marchand de la mort. 

Slim Sadki
 
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