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Repère phare de la mémoire collective à Mila

Le moulin Vergès a failli être démoli

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le 30.08.17 | 12h00 Réagissez

 
	Cette ancienne bâtisse fera bientôt l’objet d’une opération de restauration
Cette ancienne bâtisse fera bientôt l’objet d’une...

Situé sur les hauteurs de la ville de Mila, plus précisément dans le quartier de Sennaoua, le moulin Verges, comme on l’appelait à l’époque coloniale, est une vieille bâtisse qui tranche avec son environnement par son architecture ancienne et les secrets de la Révolution qu’elle renferme.

Le bâtiment, un moulin à grain ordinaire, appartenait, avant 1948, à un couple de colons, Mme et Mr Verges, d’où il tire son nom. Mais, dès l’année 1948, la minoterie changea de main et elle prit subitement une importance particulière en devenant un lieu de pèlerinage à une pléiade de hauts responsables de la Révolution et chefs militaires de l’envergure de Hocine Ait Ahmed, Didouche Mourad, Zighoud Youcef, Mohammed Boudiaf et Abdelhafid Boussouf, entre autres. Loué par Lakhdar Bentobal, dit Si Slimane, en 1948, l’établissement fut, en effet, détourné de sa vocation ; quoique, pour tromper la vigilance de l’occupant, le locataire continuât à y moudre le grain de sa clientèle. Bentobal, un stratège de premier ordre et non moins membre du groupe des négociateurs d’Evian, en fit toute autre chose : il transforma la minoterie en un lieu de rencontres secret pour les futurs hommes de novembre, doublé d’une cache d’armes et de munitions.

Là-dessus, le directeur des Moudjahidine à Mila, Karim Ghadbane affirme : «Le moulin avait abrité de nombreuses rencontres secrètes entre 1948 et 1950 et avait servi de cache d’armes durant ces années-là. Lakhdar Bentobal, qui l’avait loué sur son propre compte à ses propriétaires français, en faisait un lieu de rencontre clandestin des militants du MTLD, dont il faisait lui-même partie.» Ironie du sort, le bâtiment, avec tout son passé et ses connotations révolutionnaires, a été occulté durant toutes ces années d’indépendance ! Aucune partie n’a cherché, en effet, à l’extirper de l’oubli en le restaurant pour le mettre au service de la mémoire collective ou du tourisme historique. Il a été même classé «bâtisse à démolir» à un moment donné.

Et il l’aurait été très certainement s’il n’y avait pas eu, in extrémis, cette proposition de sa restauration faite, tout récemment, au wali par la direction des Moudjahidine. Un long ouf de soulagement dans les milieux des historiens et des défenseurs de la mémoire, puisque la requête de la direction des Moudjahidine est acceptée par les autorités de la wilaya. Et on a appris, aux dernières nouvelles, qu’un bureau d’études local s’est proposé, à titre gratuit, à réaliser l’étude de faisabilité des futurs travaux de réhabilitation, un geste qui s’inscrit, dit-on, dans cet élan d’amour et de respect que les riverains ont toujours manifesté pour les repères de leur mémoire collective.

K. Bouabdellah
 
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