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Le ministre de l’Agriculture aujourd’hui à El Tarf

La wilaya n’est pas agricole, elle est rurale

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le 07.01.18 | 12h00 Réagissez

Pour la période 2010-2015, 43 milliards de dinars ont été investis dans le secteur agricole toutes filières confondues.

Wilaya éminemment agro-forestière et maritime, El Tarf a tous les atouts pour répondre et concrétiser les vocations dont elle est affublée, agricole au sens large, et touristique. Mais on en est encore loin, bien que le secteur agricole ait marqué des points en améliorant la production dans certaines filières, qui ne sont cependant pas les plus stratégiques, comme les céréales, les viandes rouges et le lait.

Si elle dispose de potentialités indéniables, comme des sols riches et des ressources en eau appréciables, El Tarf n’a pas pour autant l’aspect d’une région agricole au sens moderne, économique et même paysager, qu’on donne aujourd’hui à cette définition. «El Tarf est rurale et non agricole, il faut apprendre à faire la différence», nous explique un enseignant de l’Institut d’agronomie de l’université Chadli Bendjedid d’El Tarf.

C’est effectivement la campagne, il y a des champs et des espaces ouverts à perte de vue, mais ce n’est pas cultivé, les terres donnent l’impression d’être en grande partie abandonnées, non cultivées ou en jachère. El Tarf ne ressemble pas à la Mitidja ou au bas-Cheliff. Les raisons sont multiples et diverses, connues et suffisamment ressassées, politiques, économiques juridiques techniques, financières, etc., mais il en est une, certainement majeure, qu’on cache, car taboue.

Depuis le démantèlement des domaines agricoles, des affairistes de toutes tailles, prétendument fellahs, paysans, travailleurs de la terre ou agriculteurs, ont pris en otages ces terres, les ont clôturées pour marquer le territoire et depuis trois décennies attendent avec une infinie patience le moment favorable pour en tirer le meilleur profit. Toutes les tentatives pour récupérer ces terres du domaine public concédées se sont avérées vaines. Lorsqu’on leur fait le reproche de ne pas travailler leurs terres, ils invoquent les inondations en hiver et la sécheresse en été.

Très écoutés cependant, leurs prétextes sont à l’origine d’onéreux programmes hydrauliques, comme la demi-douzaine de grands barrages dans la wilaya, à moins de 5 km les uns des autres, et de l’assainissement des plaines pour rejeter les généreuses eaux de pluie vers la mer. Ils ont coûté la bagatelle de 21,5 milliards de dinars.

Autres prétextes invoqués, le secteur des forêts et le Parc national dans la partie orientale de la wilaya seraient une entrave au développement de l’agriculture. La réponse a été donnée par des observateurs à de nombreuses occasions : «Là où il n’y a pas de forêts et de Parc national, est-ce que l’agriculture se porte mieux? Non, bien entendu, mais les idées reçues ont la vie dure.

Sur les 300 000 hectares (289 175 ha exactement) que compte la wilaya, la surface agricole totale est de 84 031 ha et la surface agricole utile de 74 173 ha, dont 14 000 en irrigué, théoriquement. 64,5 % sont occupés par les plaines, 21 % par les montagnes et 14,5 % par les piemonts. C’est la diversité des milieux. 73 % des terres sont détenues aujourd’hui par le privé et ce qui reste par le domaine privé de l’Etat.
Si El Tarf a gardé son cachet rural, sa campagne et sa population ont beaucoup changé. Les 420 000 habitants sont répartis à égalité entre les agglomérations et la campagne, 50 % partout.

Cet exode massif, ultérieur à la décennie de malheurs, pour ne pas invoquer l’insécurité de ces années, n’explique pas l’urbanisation qui explose dans les campagnes,  en particulier avec les programmes de l’habitat rural pour lequel El Tarf se place en tête avec près de 30 000 unités déjà distribuées.

Pour la période 2010-2015, 43 milliards de dinars ont été investis dans le secteur agricole toutes filières confondues, y compris les prestations et l’agroalimentaire. 42 % sur fonds propres, 44 % avec les dispositifs d’aide de l’Ansej, l’Angem et la CNAC et 14 % par le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche. Les productions en œufs et laitière ont connu une importante évolution.

Il y a eu également un bond appréciable des productions végétales, principalement pour la tomate industrielle, qui a connu une période de réhabilitation de la filière, suivie par une augmentation des superficies réservées à cette culture, l’amélioration des techniques culturales, en l’occurrence, la mécanisation, l’utilisation des variétés hybrides et en mottes, l’utilisation des systèmes d’irrigation localisée. Mais les conserveurs ont repris confiance après la crise de la filière provoquée par l’importation de milliers de tonnes de concentré de Chine et de Turquie.

Aujourd’hui, ils retournent à la case départ avec des stocks d’invendus face à l’importation qui a curieusement été maintenue.                                                                                                                 
 

Slim Sadki
 
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