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El Mahmel (Khenchela)

La construction du nouvel hôpital pourrait reprendre

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le 24.08.17 | 12h00 Réagissez

 
	Le chantier de l’hôpital en question
Le chantier de l’hôpital en question

Les travaux pourraient reprendre bientôt sur le chantier du nouvel hôpital d’une capacité de 60 lits à El Mahmel (ex-Tazouguert), chef-lieu de commune situé à 9 km à l’est de la ville de Khenchela.

Cette réalisation a connu de longues années d’arrêt des travaux, notamment en raison de la mauvaise gestion du budget alloué à ce projet, budget vite consommé à hauteur 30% des travaux. La justice avait ouvert une enquête sur les pratiques opaques qui ont entouré ce projet depuis sa relance en 2011-le chantier avait en fait démarré en novembre 2010 sans aucune attribution officielle de marché-, et ce, selon des documents en possession d’El Watan. Le montant global du budget initial dépassait plus de 180 milliards de centimes.

On n’en sait pas plus aujourd’hui sur cette enquête lancée il y a plus de 4 ans. Le nouveau wali de Khenchela, Nouicer Kamel, a pris la décision, lundi dernier, de relancer le chantier de cet hôpital, en y injectant un budget supplémentaire de 20 milliards de centimes, décision prise suite aux appels de détresse des citoyens de cette commune qui compte 30 484 habitants. Pour rappel, bien avant l’enquête de la justice, l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) avait alerté dès 2012 les autorités centrales au sujet des graves dysfonctionnements qu’a connus ce projet dès son entame, dénonçant notamment les multiples violations du code des marchés publics par le secrétaire général de la wilaya de Khenchela de l’époque, qui, en tant que président de la commission de wilaya des marchés  -en remplacement du wali-,  avait imposé aux membres de cette commission la régularisation a posteriori d’un certain nombre de marchés dans le secteur de la santé parmi lesquels le nouvel hôpital d’El Mahmel.

Comment est-il possible et comment en est-on arrivés là ? s’était indignée l’AACC ? Choisir le bureau d’études et l’entreprise de son choix, voulus et imposés par l’ancien secrétaire général de la wilaya, sans même le minimum du gré à gré réglementaire, et par la suite «détourner» toute une commission pour lui faire entériner ce choix indélicat, afin que les entreprises en question puissent être payées ! Pris de panique, suite à la forte médiatisation de l’appel de l’AACC, lancé en 2013, en direction du Premier ministre Sellal, et à l’annonce de l’arrivée à Khenchela de l’Inspection générale des finances (IGF), l’exécutif de la wilaya et la direction de la santé se précipitèrent dans des opérations de rafistolage et de remise en état des structures de santé publique les plus délabrées.

Là aussi, l’AACC avait déclaré publiquement qu’elle disposait de documents-photos pris sur les lieux, documents terriblement accablants, du chantier d’extension de la polyclinique sise au chef-lieu de la commune de Mahmel, extension en hôpital de 60 lits, montrant notamment le très faible taux d’avancement -alors que le budget initial avait été déjà consommé-, avec un étage en moins par rapport au programme défini au départ: oubli «volontaire» ou simple omission due à de graves négligences dans le suivi du chantier par le  DSP intérimaire ? Malheureusement, ce ne sont pas les seules dérives administratives qu’a connues ce projet, puisque sur ces scandales à répétition allait se greffer une étrange et incroyable affaire d’indemnisation d’un terrain foncier déclaré de statut privé pour un projet d’utilité publique. C’est ainsi qu’un élu local, qui est en même temps fonctionnaire à la mairie, allait introduire un dossier d’indemnisation auprès des autorités concernées, prétextant que le terrain ayant servi à la construction de ce nouvel hôpital était la propriété de sa mère et que le maître de l’ouvrage -la DSP de la wilaya de Khenchela en l’occurrence- avait même détruit la bâtisse qui s’y trouvait.

Il obtint gain de cause auprès de la justice -avec une forte indemnisation à l’appui-, en ayant fait usage de faux documents. Un militant de l’Association algérienne de lutte contre la corruption (AACC) entendu par la justice dans cette affaire allait démontrer que sur ce terrain il n’y a jamais eu de bâtisse à usage d’habitation, que ce terrain a toujours été nu et qu’il est propriété du domaine de l’Etat. Pour étayer sa démonstration, ce militant de l’AACC, résidant à Khenchela, utilisa les nouvelles technologies, «Google Earth» plus particulièrement, en reproduisant les photos-satellites de ce terrain sur les 5 dernières années avant le lancement du chantier, photos imparables montrées aux autorités de la police judiciaire en charge de l’enquête. 
 

Mohamed Taïbi
 
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