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Culturelle à Oum El Bouaghi

Désintérêt et absence de cadres rassembleurs

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le 12.11.17 | 12h00 Réagissez

Tout le monde s’en plaint et personne ne fait rien. La scène culturelle dans la wilaya d’Oum El Bouaghi ne brille pas de mille feux. Au contraire, elle demeure en veilleuse, ne se manifestant que lors de brefs moments, quand la Maison de la culture organise un colloque ou un récital de poésie.

En dehors de rares rendez-vous, c’est le plat artistique qui prédomine. Ceci concernant le chef-lieu de wilaya. Les autres localités ronronnent à longueur d’année, faute d’activités artistiques et culturelles qui regrouperaient festivaliers, hommes de lettres et artistes de tous bords.

Est-ce parce que les espaces dédiés à la culture s’avèrent rares pour que le secteur brille par son indigente production ? Non ! Pratiquement, chaque commune dispose d’une bibliothèque ou même deux, comme c’est le cas de Meskiana, Aïn Beïda et Aïn Mlila. Et ce, en plus des centres dont ont bénéficié les communes, mais qui distillent par doses homéopathiques la culture, c’est-à-dire pendant les fêtes nationales ou religieuses. Sinon, rien. Si d’un côté, les jeunes se plaignent de ne pouvoir se cultiver et se distraire faute de salles de cinéma, de théâtres, de discothèques et de musées, d’un autre côté, les salles de lecture des bibliothèques sont pratiquement désertées la plupart du temps. Elles ne sont sollicitées que par de rares étudiants, qui y viennent pour chercher un document leur facilitant la production d’une thèse de fin d’année. Est-ce à dire que les gens lisent moins, peu ou pas du tout ?

Ammar est un libraire qui a ouvert un local sur la rue de Constantine, à Aïn Beïda. Comme beaucoup de libraires, lui aussi déplore que la lecture ne fasse plus courir les gens comme par le passé. «Il n’y a plus de lecteurs de romans et  de produits littéraires. Cela dénote d’un manque énorme dans les capacités d’appréhension des citoyens. L’amour de la lecture naît d’abord à la maison, s’entretient à l’école et se développe dans les bibliothèques», confie-t-il. Un tour dans les autres librairies de la région nous a édifiés sur le non-intérêt affiché par les clients et les clientes envers les livres littéraires, tant dans la langue d’Al Djahid que dans celle de Voltaire.  Constat : tous ceux et celles qui franchissent le seuil des librairies sont à la recherche d’un livre parascolaire. «Les livres parascolaires dans toutes les disciplines sont les plus vendus.

Les parents, soucieux du niveau de leur progéniture, préfèrent leur acheter des annales, appelées aussi Bordas, pour compléter les cours dispensés en classe à l’école, au collège ou au lycée», nous assure un libraire. Un autre libraire, pour ironiser, nous confie : «Lors du dernier SILA, à Alger, j’ai vu que les gens venaient par curiosité, certains pour prendre un sandwich, d’autres pour rencontrer des auteurs, sans plus. Rares sont ceux qui achètent des livres, surtout d’auteurs prestigieux ou dont la presse a fait l’éloge dans ses colonnes.»

Un ancien enseignant abonde dans un autre sens. Il déplore amèrement que les professeurs ne donnent plus aux élèves des textes de récitation à apprendre comme autrefois. «Comment voulez-vous que les enfants s’initient à la lecture des grands livres, si on ne leur donne pas l’occasion d’approcher et d’aimer les livres et les différentes formes d’écriture. Un élève qui ne fait pas la différence entre un texte en prose et un autre en vers c’est devenu chose banale», se plaint-il.

Dans toutes les écoles, collèges ou lycées existe une bibliothèque, mais elle demeure malheureusement fermée. Le prêt de livres, qui se faisait par le passé, n’a plus cours aujourd’hui. Comme motivé par un parent, comment aménager un temps pour la lecture, si l’enfant est trop pris par ses études, entendre par là, en plus des cours officiels, l’élève, surtout celui qui se prépare à un examen, est astreint à suivre des cours parallèles pendant les week-ends ? La charge de travail hebdomadaire est telle que personne n’accorde de temps à la lecture.

Nombre de professeurs plaident pour la création de clubs de lecture et d’écriture à l’effet de semer dans chaque enfant l’amour des livres. Halim a tenté cette merveilleuse aventure, mais il a buté contre l’incompréhension de la société qui, comme on nous l’a maintes fois affirmé, ne semble porter intérêt qu’aux études scolaires et aux examens. La lecture, l’écriture, le théâtre et toutes les autres formes d’art ne suscitent guère l’intérêt des enfants ni celui des adultes.
 

Baâziz Lazhar
 
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