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Pour manque d’égards envers les gynécologues à El Tarf

Dépôt de plainte contre la directrice de la santé

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le 12.09.17 | 12h00 Réagissez

Les 14 gynécologues privés que compte la wilaya d’El Tarf ont porté plainte devant la chambre administrative du tribunal d’El Tarf contre la directrice de la santé, au motif qu’elle a fait preuve d’autoritarisme, d’abus de pouvoir et d’un manque de considération dans l’application des circulaires des 5 et 6 août dernier, instituant la permanence des praticiens spécialistes.

On s’en souvient, le ministre de la Santé avait réagi hâtivement en se fendant d’une circulaire très contestée par les professionnels, après le décès d’une parturiente à Djelfa. Les spécialistes privés sont tenus à l’avenir d’assurer des permanences et des gardes dans leurs cabinets ou dans les établissements hospitaliers publics. La loi le permet en cas de nécessité. A El Tarf, c’est le bras de fer entre cette corporation, qui compte 14 praticiens, et la directrice de la santé. «On nous a traités comme des subordonnés de l’administration. La liste de garde a été affichée dans les établissements à notre insu sans aucune consultation, ni réunion ou discussion préalables. Ce partenariat est encadré par une convention. Or dans notre cas, les décisions sont unilatérales, les conventions envoyées par porteur avec des menaces à peine voilées à l’encontre de ceux qui s’en indignent, et des mesures de rétorsion comme des avertissements versés aux dossiers et des menaces de plainte pour non-assistance à personne en danger. Rien que ça», déclarent les concernés. La direction de la santé aurait été mieux inspirée de travailler à l’adhésion consentie des praticiens privés, pour donner toutes les chances à ce partenariat public-privé de fonctionner, malgré les énormes difficultés de l’absence de moyens. Interrogée sur cette question, la directrice de la santé justifie ses actes par le fait que les praticiens privés font partie de la carte sanitaire de la wilaya et qu’à ce titre, ils doivent se soumettre sous peine de sanctions administratives, pénales et fermeture des cabinets. Difficile de lui faire admettre qu’il s’agit d’une profession libérale soumise uniquement à la réglementation à laquelle doit veiller la direction de la santé avec tous les égards dus à cette corporation.

Pour de nombreux praticiens privés, mais aussi ceux du secteur public, cet entêtement a pour vrai motif de limiter les espaces de liberté des privés et les assujettir à l’administration en usant des récentes circulaires. Pour la directrice, les gynécologues ne veulent pas assurer les gardes et cherchent par tous les moyens à y échapper. «Dès le départ, ils ont fait preuve de mauvaise volonté en refusant les invitations que je leur ai envoyées», dira-t-elle. Ce qui est probablement vrai, puisque c’est la réaction des tous les praticiens du pays, mais la directrice aurait dû privilégier le dialogue au lieu d’enclencher le bras de fer. Dans une lettre adressée aux autorités locales et au ministre de la Santé, les gynécologues reprennent à côté du manque d’égards, tous les points qui font que ces gardes sont extrêmement risquées, autant pour les patients que pour le médecin. Notamment dans la responsabilité des soins qui sont donnés par les uns et suivis par les autres. Nous apprenons que la directrice vient d’instruire les chefs d’établissements hospitaliers d’établir des réquisitions pour les gynécologues de garde. «Comment faire ?» s’insurge le personnel hospitalier. Il faut établir une réquisition, la faire signer par qui de droit et aller chercher le gynécologue de garde qui se trouve à Drean ou Annaba pendant que la parturiente se tord de douleur sur le billard ?  

Slim Sadki
 
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