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Abbes Badaoui. Wali de Souk Ahras

«Cette année sera celle des grandes réalisations»

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le 08.02.18 | 12h00 Réagissez

Dans un entretien accordé récemment à El Watan, Abbes Badaoui, wali de Souk Ahras, a exprimé, avant de répondre à nos questions, son respect pour l’objectivité dont fait preuve le journal et reconnu le caractère constructif de sa ligne. Le développement local, l’investissement, le logement, la gestion des communes… et tant d’autres volets de la gestion des affaires de la wilaya ont été abordés avec force détails par le premier responsable de l’exécutif dans les propos suivants.

- Vous avez pratiquement sillonné depuis votre arrivée à la tête de l’exécutif les quatre coins de la wilaya et dressé, probablement, un état des besoins de chaque région… Quel constat faites-vous ?

En réponse aux besoins urgents de nos communes, relevés justement lors des visites de travail, de nos rencontres avec la population, les élus et les autres partenaires de la société civile, nous avons effectivement arrêté un état de ces mêmes besoins et fait en même temps une lecture financière avec, en filigrane, une évaluation de l’impact immédiat sur la population.

Nous estimons à 7 300 000 000 DA notre premier apport pour financer des projets d’utilité publique d’extrême urgence au profit de ces mêmes communes que nous avons visitées. Il est utile d’indiquer, par cette même occasion, qu’en matière de financement desdits projets d’utilité publique, aucun problème de fonds ne sera posé, s’agissant notamment du raccordement au réseau de gaz naturel, celui de l’électrification rurale, l’aménagement, l’alimentation en eau potable et autres…, et ce, tout en tenant compte du  principe de la rationalisation des dépenses dans nos mœurs quotidiennes.

Nos sources financières sont aussi importantes que nos ambitions. De plus, nous pouvons puiser pour achever nos programmes dans le FCCL (Fonds PCD [Programme communal de développement]), du programme des Hauts-Plateaux et autres… Pour répondre à votre question, je dirais aussi que nous avons des potentialités énormes dans cette wilaya qu’il suffit de fructifier, et nous le ferons avec l’aide de toutes les bonnes volontés existantes, nous en sommes sûrs, dans tous les secteurs. Rien que dans le domaine de l’agriculture, les richesses sont sidérantes…

Des terres arables à perte de vue, un bassin laitier à ciel ouvert, une arboriculture dont la réputation dépasse les frontières… Aussi, nous sommes convaincus que les nouvelles dispositions relatives à la gestion des collectivités aideront à concrétiser la gestion participative avec le citoyen et aideront à la promotion des APC au rang d’accompagnateurs avec une meilleure maîtrise du volet gestion. C’est ce qui nous amène à déclarer avec optimisme que cette année sera celle des grandes réalisations, tant à l’échelle locale que nationale.

- Vous venez d’aborder un volet important de la vie économique qu’est l’agriculture. Lors de son dernier passage à Souk Ahras, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement a cité, à titre illustratif, la nette régression qu’a connue la filière du lait et mis en doute les chiffres du secteur de l’agriculture. Qu’en pensez-vous ?

L’agriculture en général et la filière lait en particulier sont loin de la production optimale et les résultats escomptés en matière de création de cette dynamique socio-économique tant recherchée n’ont pas été atteints, malgré les capacités de la wilaya. Des comportements négatifs doivent disparaître, à commencer par l’informel et les subventions qui ne profitent pas aux authentiques éleveurs de bétail et producteurs de lait, puisque nous avons cité la filière du lait comme exemple pour ce phénomène négatif qui affecte aussi les autres filières existantes.

Même en période de disette, l’Etat aide et prend en charge les besoins des agriculteurs en matière de désenclavement et de rapprochement – création des sources d’eau, élément vital pour le secteur, pour peu que ses professionnels soient en mesure de protéger leurs acquis.
Avec quatre barrages d’une capacité de 400 millions de m3 [sans compter le quatrième barrage en cours de réalisation], qui ceinturent la wilaya, Souk Ahras assurera dans un avenir proche tous les besoins en matière d’irrigation de ses terres.

- Nous allons enchaîner pour parler d’alimentation en eau potable. Souk Ahras fait partie des wilayas affectées par une faible pluviométrie et l’on est déjà au stade d’un rationnement des plus rigoureux pour la population. Existerait-il des mesures à court et moyen termes ?

L’alimentation en eau potable est l’une des préoccupations majeures et le défi d’assurer quotidiennement cet élément vital aux citoyens n’est pas facile à relever par ces temps de crise. Nous maîtrisons toutefois la situation et nous avons déjà pris des dispositions à court, moyen et long termes pour assurer une moyenne d’alimentation satisfaisante.

Des décisions ont été prises après des rencontres techniques avec les responsables du secteur des Ressources en eau pour procéder à l’installation de quatre forages profonds dans la commune de Taoura, où l’on compte l’une des plus grandes nappes phréatiques de la région et qui assurera un débit de 30 000 m3/jour.

D’autres forages seront lancés incessamment dans les communes de Aïn Zana et Ouled Driss, où une importante quantité d’eau souterraine est en voie d’être exploitée. Une autre mesure d’urgence sera adoptée aussi au sud-ouest de la wilaya pour assurer l’AEP au profit des populations des communes de Sédrata, Bir Bouhouch, Safel El-Ouidene et les zones environnantes. L’eau de plusieurs sources, notamment celle de Sidi Charef, qui assurera, selon nos prévisions, la couverture de plusieurs agglomérations importantes, sera dessalée au profit des populations locales. Ces sources sont capables à elles seules d’assurer un débit de 27 millions de m3.

Des solutions à moyen terme sont également préconisées pour minimiser l’impact de la crise. Il s’agit d’un programme de renforcement depuis l’excédent des eaux stagnantes de la wilaya d’El-Tarf, qui sont d’une capacité de 300 millions de m3 et que l’on compte utiliser pour la consommation locale depuis le barrage de Aïn Dalia, lieu de rassemblement de ces eaux.

Nous devons aussi apporter quelques changements pour certaines mesures antérieures, à savoir, entre autres, l’alimentation en renforcement d’une région limitrophe à notre wilaya en eau potable, alors qu’elle n’est guère touchée par la crise qui sévit dans notre wilaya. Nous devons rappeler dans ce contexte que nous avons un ministre qui agit en homme de terrain et qui nous accompagne positivement dans nos tâches.

- L’investissement, tous créneaux confondus, n’est pas au firmament par rapport aux aspirations de la wilaya et l’on est tenté de croire que les investisseurs qui mettaient en avant l’écueil du foncier, abandonnent le projet une fois l’assiette foncière acquise. N’y a-t-il pas mauvaise volonté de la part de certains pseudo-investisseurs ?

Nous sommes totalement d’accord avec cette approche, du moment que toutes les conditions pour le lancement d’investissements viables, fiables et générateurs d’emplois et de richesses sont réunies, à commencer par les facilités administratives, la flexibilité et la célérité dans le traitement des dossiers, et bien sûr la création des zones d’activités industrielles pour répondre à l’entrave principale : le foncier.
A Souk Ahras, nous en avons cinq qui seront toutes conçues selon les normes requises.

Pour ce faire, une enveloppe de 1 200 000 000 DA a été prévue pour les travaux d’assainissement, l’alimentation en eau potable, l’électrification et la viabilisation. Des îlots pour les jeunes investisseurs inscrits dans le cadre de l’Ansej et autres formules de renforcement seront attribués dans ces mêmes zones, avec comme objectif l’implication de cette catégorie d’entreprises dans le circuit économique local.

Nous devons rappeler dans cet ordre d’idées un autre atout de taille en matière de facilités pour nos futurs investisseurs. Une zone d’extension industrielle de plus de 250 hectares du côté de la daïra de M’daourouch, distante de quelque 35 kilomètres du chef-lieu de la wilaya, une université qui forme chaque année des contingents d’universitaires, un réseau routier important et un prochain raccourci vers l’autoroute Est-Ouest.

Des partenaires solvables ont déjà mis à profit ces avantages, à l’instar d’un investisseur qui compte lancer un projet d’envergure du côté de la commune d’Oued-El-Kabarit où est déjà implanté le mégaprojet du complexe de transformation du phosphate, capable à lui seul de créer 6000 postes d’emploi. Nos appels aux investisseurs, ceux des autres wilayas inclus, commencent à donner des résultats et nous sommes optimistes par rapport à certains dossiers consistants.

Concernant les investisseurs qui n’ont pas honoré leurs engagements par rapport aux délais, nous en avons deux catégories : ceux qui sont bénéficiaires d’actes de concession et ceux qui n’en ont pas été concernés et pas été attributaires de ces actes. Pour ces derniers, nous avons adressé des mises en demeure, faute de quoi, l’assiette foncière sera récupérée au profit de la wilaya, et là nous devons insister sur le fait qu’il s’agit d’une mesure dissuasive et non répressive, car nous comptons des cas où certains opérateurs ont repris le projet avec grande célérité, et c’est tant mieux.

Pour les premiers, nous comptons 25 affaires qui seront traitées incessamment par la justice. Une fois la décision de cette dernière prise, nous agirons aussi en responsables soucieux du devenir de cette wilaya, tout en gardant cet esprit de redressement d’une situation qui ne peut pas durer indéfiniment.

- Ces atermoiements dans la réalisation des projets d’investissement sont aussi perceptibles dans le domaine du logement. Peut-on aussi envisager des mesures dissuasives ?

Une importance capitale est accordée au logement, qui assure, en plus de son caractère social, une dynamique économique de par les postes d’emploi directs et indirects qu’il crée et les activités multiples qui contribuent à la circulation des fonds. Le LSL [logement social locatif] accuse effectivement un retard par rapport aux délais de réalisation avancés par un opérateur étranger.

Nous avons pris les dispositions nécessaires pour remédier à ce problème et même convoqué le P-DG de la firme chargée de la réalisation de 1000 unités avant la fin du premier semestre de l’année en cours, sous peine de prendre d’autres mesures.

S’agissant de la formule LPA [logement participatif aidé], les 600 unités lancées antérieurement connaissent depuis peu une cadence meilleure. Nous avons, toutefois, avisé les entrepreneurs défaillants du rejet de leur candidature pour les 1000 autres unités prévues pour l’année en cours au cas où le premier quota demeure en souffrance.

La même impression est ressentie en ce qui concerne les logements AADL et l’on est optimiste par rapport à cet engagement visible chez nos partenaires. Les 1700 unités en cours de réalisation aideront, malgré les contraintes, à minimiser la pression sur le logement. Idem pour le logement rural, dont les résultats parlent d’eux-mêmes.

- Une dernière question : trouvez-vous dans ce nombre incalculable d’associations, d’organisations et autres entités de la société civile des partenaires fiables dans votre gestion quotidienne ?

Nous devons distinguer d’abord les organisations à caractère national des associations locales. Je dois dire à ce sujet que certaines associations n’existent que par le nom, alors que d’autres s’impliquent de la meilleure façon dans la gestion des affaires courantes de leurs villes et leurs quartiers. D’autres encore peinent à rassembler une poignée de personnes pour au moins faire acte de présence lors des rencontres avec la société civile, où la présence en nombre et en qualité influe sur le choix des priorités par le biais des intervenants. Toujours est-il que nous considérons que la gestion participative est à même de réduire de cette distanciation et assurera la concertation avec le citoyen.                             

Abderrahmane Djafri
 
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