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Amroussa (Bouinan) : «Un cauchemar appelé Ville nouvelle»

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le 15.10.17 | 12h00 Réagissez


«Nous avons deux cauchemars : l’un empoisonne notre santé, l’autre menace notre avenir et celui de nos enfants !» C’est ainsi que s’est exclamé Mohamed, l’un des représentants des habitants du douar Amroussa (commune de Bouinan, wilaya de Blida) venus présenter leurs doléances au bureau régional d’El Watan, ce jeudi. Ils parlaient en même temps, exprimant ainsi leur colère et leur désarroi. Ils présentaient, pour appuyer leurs revendications, un nombre impressionnant de requêtes et de recours restés (selon leurs dires) lettre morte. «La poussière, causée par ce chantier qui n’en finit pas, pollue tout le quartier, ils n’ont pas prévu de voies d’évitement, les engins passent dans le douar.

Les premières victimes sont les jeunes et les vieux : des problèmes de respiration sont quotidiennement détectés chez ces tranches d’âge. A l’intérieur du chantier, ils arrosent pour éviter la poussière ; à l’extérieur, nul ne s’occupe de notre santé et de celle de nos enfants !» «On n’est pas près de sortir du tunnel, certains ont remarqué des agents en train de prospecter sur les hauteurs de Amroussa, au piémont de la montagne ! Ce projet va bouffer toutes les terres de la région», martela Moussa, énervé. Ces travaux «qui n’en finissent pas» (sic) causent un autre problème, selon les contestataires, celui des déversements anarchiques des remblais, souvent dans des terres agricoles».

Ces déversements «non contrôlés» menaceraient aussi d’enlisement le barrage et d’obstruction les canalisations. «Le second cauchemar qui menace notre avenir et celui de nos enfants, affirme le représentant des habitants du douar Amroussa, est celui des compensations de nos terres saisies par le projet de la Ville nouvelle de Bouinan !» Mohamed, documents à l’appui, explique que les évaluations avaient été faites bien avant le début de la réalisation du projet et que les coûts du foncier avaient considérablement changé, depuis. «A l’époque, le mètre carré avait été estimé à 600DA, donc l’are à six millions de centimes. L’are, aujourd’hui, dans certaines zones huppées, dépasse le milliard de centimes.

Est-ce que vous pensez que c’est juste?» Et d’ajouter : «Avec 600DA / l’are, qu’est-ce que nous allons pouvoir acheter ? Qu’ils nous trouvent des terrains à ce prix ! Cette région est considérée comme faisant partie de la Nouvelle ville (donc, au prix exorbitant qu’ils vont demander aux acheteurs des appartements de ce site), mais, en termes de compensations, elle est considérée comme terre agricole. Voilà où ça foire ! Deux poids, deux mesures !» Il conclut : «Nous refusons d’être les victimes d’un projet qui tente de nous déposséder de nos terres, de notre histoire, de nos racines! L’Etat a besoin de nos terres, nous ne pouvons pas aller à l’encontre des décisions de nos dirigeants, mais si compensations il devra y avoir, que ce soit terrain contre terrain… et nous pensons que c’est là la vraie justice !»
 

Mohammed Rahmani
 
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