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Veillées ramadanesques : Les familles sortent de leur «hibernation»

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le 06.06.17 | 12h00 Réagissez

 
	La grande roue de la promenade des Sablettes attire les promeneurs
La grande roue de la promenade des Sablettes attire les promeneurs

L’ambiance du mois sacré de Ramadhan ne peut être comparée à aucune autre.

Le mois de Ramadhan a commencé il y a maintenant 10 jours et déjà Alger a changé de couleur et d’odeur. Fini les soirées réservées à la gent masculine durant toute une année, ce mois laisse place à une proximité plus que tolérée entre hommes et femmes pour des soirées ramadanesques chaleureuses et haut en couleurs, avec des spectacles et des shows diversifiés afin d’attirer un maximum de clients et surtout des jeunes qui payent et se vident les poches rapidement.

A travers les grandes artères, telles que Bab El Oued, El Kittani et la Pointe Pescade, la circulation semble être dense plus que jamais, sommes-nous à Shanghai ou a Alger ? On se pose la question quand on voit un monde fou traverser la route dans n’importe quel sens, et les femmes qui marchent en rangs serrés avec une ribambelle d’enfants pour aller flâner sur les grandes places. A la Promenade des Sablettes, sur le littoral d’Alger, les enfants sont majoritaires sur les aires de jeu. Les châteaux gonflables sont pris d’assaut par des enfants qui ne demandent qu’à s’amuser et à crier.

Des jeunes viennent également traîner sur cette immense place. Les trampolines sont trop petits pour eux, mais vu leurs tenues ainsi que les crêtes qu’ils arborent au sommet de leur crâne, ils sont là plus pour attirer le regard des jeunes filles qui osent à peine les regarder du coin de l’œil. Impossible d’esquisser un sourire, le père est juste à côté pour veiller au grain et les jeunes garçons de leur côté entament une mission impossible pour essayer d’attirer l’attention de la jeune fille pour avoir un soupçon de numéro de téléphone, mais rien n’y fait, la mission a avorté avant même de l’avoir commencée.

Sur la même place, on rencontre d’autres personnages, moins imposants et hauts comme trois pommes, des enfants se sont installés avec des petites tables sur lesquelles se dressent des thermos de thé, mais les pauvres ils font pâle figure face aux jeunes avec des stands plus grands plus lumineux et plus garnis.

La Grande Mosquée d’Alger, ainsi que les autres aux alentours sont toutes bondées de fidèles qui effectuent la prière des tarawih pendant une heure. Est-ce par conviction ? Ou est-ce tout bonnement pour se montrer devant les amis du quartier ? En reprenant la route sur le front de mer, on observe un nombre important de véhicules garés sur les trottoirs entre Saint-Eugène et le Plateau. Des hommes se regroupent en comité restreint pour s’adonner à un sport qui ne demande que de la patience, bien évidemment il ne s’agit pas d’échec mais de pêche.

A la Pointe Pescade, connue pour son port, une odeur de poisson flotte dans les airs, encore sur les étals et constamment aspergé d’eau, il semble avoir perdu ses couleurs depuis longtemps déjà. Le nez est également attiré par d’autres odeurs, du poulet qui tourne dans des rôtissoires se mélange avec une odeur de poisson grillé et une odeur de viande qui a tardé sur la grille.

Pourquoi pendant ce mois-ci les gens décident de manger plus que d’habitude ? Cette question a été posée tellement de fois qu’il ne semble y avoir aucune réponse pour convaincre les interrogateurs. Est-ce par peur d’avoir faim le lendemain ? Est-ce par frénésie ? Aucune réponse ne peut dire pourquoi nous nous gavons autant après s’être rassasiés à table en famille.

Changement de décor et changement d’ambiance. Nous sommes dans les beaux quartiers, nous sommes à Dély Ibrahim, nous sommes à Aïn Allah. La jeunesse dorée s’affiche, les voitures de luxe sont garées, on se croirait à Monaco. Les jeunes sont tous coiffés avec un kilo de gel coiffant sur la tête, le Jean’s blanc déchiré, et la chemise rose moulante complète le décor.

Les filles sont également habillées comme pour aller à un mariage, les talons, les beaux vêtements et les bijoux sont de rigueur, même si certaines préfèrent rester naturelles en jean baskets.  Mais on remarque rapidement les emballages de bouteilles en plastique écrit dessus en arabe, qui nous informe que nous ne sommes pas à Monaco ou dans une autre ville huppée. Fini les odeurs de viande et de poisson grillés, place au thé traditionnel et à la rengila, qui rencontre un grand succès en ces soirées variées.

Ici les jeunes filles se font belles pour attirer les regards, et les jeunes hommes se mettent sur leur 31 pour pouvoir plaire à ces filles qui ont des critères bien précis. A Sidi Yahia, fraîchement rénové après tant de mois de retard, les hommes d’affaires s’affairent autour des cafés pour prendre les meilleures places, les mendiants tournent autour de ces hommes d’affaires qui leur donnent quelques pièces pour montrer leur générosité en ces temps durs.

Les magasins ouvrent leurs portes et les adolescents s’y retrouvent pour faire du shopping en famille ou entre amis, flâner sur l’artère qui attire tant de monde et admirer les belles mécaniques qui font le tour entre chaque rond-point tels les pèlerins qui tournent autour de la Kaâba. D’autres quartiers plus populaires sont, eux, envahis par des jeunes qui désirent s’amuser à petit prix, les salles de jeux ne désemplissent pas. A Bir Mourad Raïs, les jeunes vont sur les stades de football de Saïd Hamdine pour jouer au ballon entre eux, histoire de bien digérer le djwaz et les litres de boissons gazeuses.

Le food truck, ou camion fast-food, est une nouvelle mode qui rencontre un succès dans certains quartiers de la capitale. La nouvelle faculté de droit de Saïd Hamdine, qui a un parking des plus imposants, en accueille un.  Sur ce parking, un camion s’est installé depuis l’année passée pour donner aux étudiants des repas délectables et à petit prix. Aujourd’hui, ces mêmes vendeurs proposent des brochettes variées, ainsi que du thé, boisson essentielle pendant les soirées du Ramadhan.

Le domino est à profusion sur les tables, les jeunes et les moins jeunes y jouent. Les jeux de cartes font également partie de la soirée, poker, coinche, rami, tout est bon pour passer un agréable moment entre voisins, amis et famille.  Encore une fois, d’autres alternatives existent et les hôtels ont trouvé le moyen de créer le buzz durant cette période.

L’idée est toute simple, il suffit d’inviter les stars que les jeunes adulent. Qu’ils soient chanteurs, acteurs, humoristes ou comédiens, ils se produisent tous sur les scènes de ces hôtels. Point commun pour toutes ces personnalités la provenance. Le produit local se fait rare, la majorité vient de France ou comme disent les jeunes, (de là-bas chez nous). Mercure, El Aurassi, El Emir et beaucoup d’autres, tous proposent des soirées animées avec des spectacles ou des projections de films en plein air, et ça marche.   

L’ambiance du mois sacré ne peut être comparée à aucune autre. Grâce à ce mois, les esprits se calment et se rencontrent le soir, même si la journée l’allumette peut vite embraser l’essence. Femmes et enfants profitent des nombreux plaisirs qui sont à leur disposition tout au long du mois avant que le plaisir ne s’estompe le jour de l’Aïd. 

Rachid Larbi
 
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