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Anarchie urbaine

Les cités perpétuellement en construction

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le 04.02.18 | 12h00 Réagissez

L’anarchie qui marque le tissu urbain, particulièrement dans les nouveaux lotissements de la banlieue, dénote du peu d’intérêt qu’accordent les particuliers à l’esthétique.

La priorité étant de faire face à la crise du logement, les constructions sont devenues au fil du temps de véritables cellules, où il est question uniquement d’«habiter». Il n’est pas exceptionnel de voir des lotissements composés de milliers de maisons, dont aucune n’est parachevée. Nos cités dites «résidentielles» ressemblent beaucoup plus à des ghettos qu’à autre chose, tant elles ne répondent à aucune norme esthétique.

En fait, l’espace urbain est perpétuellement en chantier. La loi 08/15 du 20 juillet 2008 fixant les règles de mise en conformité des constructions et de leur achèvement, a été instaurée dans le but de permettre le parachèvement des habitations. Grâce à cette régularisation, les citoyens ayant en leur possession des documents les confortant dans leur qualité de propriétaire, auront accès, entre autres, aux crédits bancaires, ce qui leur donnera la possibilité de finir les travaux de construction.

Aux Eucalyptus, pour ne citer que cette commune à titre d’exemple, les responsables locaux sont confrontés dans la gestion du tissu urbain à une anarchie endémique. Ils ont adopté un arrêté communal en 2010, incitant les propriétaires de maisons et de commerces se trouvant sur l’artère principale de la ville à prendre soin des devantures et façades de leurs bâtisses, et ce, afin de donner à la ville un aspect attrayant.

«Cette décision a été prise pour contrer l’incivisme de certains propriétaires de bâtisses qui se trouvent sur le boulevard principal de la ville, et ce, afin de donner à cette artère un attrait esthétique», confie un responsable au niveau de l’APC, avant d’ajouter : «Néanmoins, nous sommes de plus en plus confrontés dans le cadre de cette démarche à l’incivisme de nos concitoyens, qui ne contribuent pas à sa mise en œuvre.» La commune des Eucalyptus, qui est devenue un important pôle d’habitation, peine, à l’instar des autres communes de la capitale, à joindre l’utile à l’agréable.
La ville est un immense chantier qui ne cesse de s’agrandir.
 

Saci Kheireddine
 
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