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Instantané : La sébile du pôvre

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le 30.05.17 | 12h00 Réagissez


Après les jours de frénésie ayant précédé le neuvième mois du calendrier lunaire, la tension semble baisser quelque peu dans les rues et les souks dont les marchands proposent une mercuriale plus ou moins abordable pour la ménagère. La panique a fini, sommes-nous tenus de relever, par laisser place à une ambiance moins agitée dans l’espace public, pratiquement désert une bonne partie de la journée. Cependant, une question nous interpelle. Serait-ce les longues heures d’abstinence qui dissuadent le jeûneur à faire moins d’efforts physiques et donc à s’effacer littéralement de l’espace public ou sa prise de conscience à délier moins les cordons sa bourse en ces temps d’austérité ?

Tout compte fait, l’espace de vingt-neuf ou trente jours, les gens s’inscrivent dans un canevas autre que le reste de l’année. Il est ceux qui se ressourcent dans le recueillement, la communion et la piété, ceux qui se terrent dans les mosquées pour davantage tuer le temps que de faire un retour sur soi, ceux qui multiplient les actions caritatives, au moment où d’autres ne ratent pas l’aubaine de tirer le maximum de dividendes que génère la confection de confiserie et autres gourmandises, au gré des ‘‘nafahate’’ et ‘‘nachwate’’ (caprices) ramadanesques qui s’emparent de gens peu regardants.

Enfin, une autre catégorie de gens qui, peu encline au labeur, sort de son hibernation diurne avant de choisir d’envahir le souk dès que l’astre flamboyant s’approche de l’horizon. Il n’est pas faux aussi de dire que la démesure et l’absence de modération dictent les réflexes de certains jeûneurs qui cèdent à la tentation des produits peu ragoûtants dans les abords de marchés qu’on qualifie par fausse pudibonderie de «commerce informel».

Les dernières miches s’arrachent des claies à pain avant qu’une bonne partie n’atterrisse le lendemain dans les bacs à ordures. Dans ce méli-mélo, des opérations de bon Samaritain se déploient dans chaque arrondissement en invitant une catégorie de plèbe à se mettre en procession au portillon des restos de la rahma. Bonne initiative en somme, car il est des gens SDF qui, sans le sou, attendent l’obole du pauvre.

Ceux-là mêmes qui viennent s’y sustenter au même titre que d’autres pères de famille qui, peinant à joindre les deux bouts – et exclus de la carte sociale des indigents, qui donne droit au pack alimentaire du Ramadhan–, tendent leur sébile pour se ravitailler pour le compte de leur maisonnée, à défaut de s’y installer sous les grands chapiteaux, comme celui planté sur l’esplanade El Kettani. Comme si cette dernière frange de la société n’a droit à la pitance que lors du mois sacré.

M. Tchoubane
 
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