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Cette miche qui atterrit dans la poubelle

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le 04.06.17 | 12h00 Réagissez

L'Algérien débourse sans compter pour le pain qu’il mange davantage avec ses yeux, surtout lors de ce mois sacré, où nos panificateurs excellent dans les formes à donner à ce produit de première nécessité.

Selon la FAO, notre pays est placé au premier rang mondial en matière de consommation de pain, avec quelque 50 millions d’unités par jour. Le hic n’est pas tant dans la fabrication de miches que dans la part non négligeable (plus de 1/5e) de cette production qui atterrit dans les poubelles. «Wallah c’est honteux», tonne un septuagénaire, qui se désole de voir au détour de chaque rue, des ballots énormes de restes de pain et de baguettes entières jetés au milieu de certaines décharges publiques.

Eugène Poubelle, l’inventeur éponyme doit se retourner dans sa tombe pour l’usage qu’on en fait. On aime bien acheter du pain, pour in fine... le jeter. Certains consommateurs mettent leurs sachets bourrés de pain non consommé (presque frais), tout près des bacs à ordures ou sur un muret, croyant ne pas faire, soi-disant dans le sacrilège. La crétinerie les pousse même à faire ce geste en signe d’absolution : porter le quignon de pain à leur bec, puis à leur front avant de le laisser choir sur le trottoir ! Quelle humilité ! Sauf que leur geste est synonyme de gaspillage alimentaire, contrairement au doux souvenir de notre enfance, lorsque nos grands-mères préparaient des mets pour petits et grands grâce au recyclage panophile pour en faire du pain grillé, du pudding (œuf, lait et beurre), de la ‘’sfiria,’’ ou encore réaliser un plat ancien dit la ‘’tchekhtchoukha’’, en période de disette, notamment. Il existe un champ de possibilités culinaires large pour la ménagère et plusieurs façons gourmandes d’utiliser le pain rassis pour ne pas finir dans les bennes à ordures.

Mais le consommateur gaspilleur de pain n’en a cure du sacrifice consenti par le Trésor public qui mobilise une enveloppe de quelque 3 milliards de dollars pour les céréales. Du reste, il est certains qui ne sont jamais pris de court pour vous balancer une réponse aussi simpliste qu’irresponsable : «Moi, je ne me prive pas de jeter mon pain. Et puis, il y a des camions qui patrouillent pour ramasser le pain rassis aux fins de le recycler en aliments pour ovins, bovins et volailles.»
A ce rythme où on se plaît à gaver ces herbivores et omnivores de pain sec, ne risque-t-on pas de changer leur régime alimentaire et transformer, à la longue, cette faune en animaux «panivores» ?

M. Tchoubane
 
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