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Brouillamini à la «Mairie»

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le 09.11.17 | 12h00 Réagissez


Décidément, il faut faire le parcours du combattant pour se faire délivrer sa carte de vote, me dit un jeune d’à peine 19 berges. Une preuve par neuf que la bureaucratie a toujours la peau dure. Celle-là même qui nous conduit à penser que, trop souvent, elle se noie dans une tasse d’eau... La citation de Gustave Le Bon qui me vient à l’esprit est on ne peut plus juste: «Beaucoup d’hommes sont doués de raison, très peu de bon sens.» Autrefois, lorsqu’un citoyen atteignait l’âge  majeur de 18 ans – inscrit à l’état civil, cela va de soi –, il recevait automatiquement et illico sa carte d’électeur. Il n’a pas à arpenter les couloirs de la «baladia», ballotté d’un service à un autre, tel un ludion pour obtenir le fameux document.

Depuis belle lurette, moi et mon voisin de palier, sans oublier celui du dessus et l’autre du dessous, ne recevons plus cette carte. Pourtant, nous habitons, depuis plusieurs décennies, le même îlot, le même district, logeons dans le même immeuble sur lequel est apposé le même numéro de rue et empruntons les mêmes volées de marche de la même cage d’escalier. Excepté le vote sur la Charte et la Constitution de 1976, je n’ai pas souvenance d’avoir été, si ma mémoire est bonne, destinataire de ma carte d’électeur, encore moins reçu un courrier m’invitant à me présenter à la commune où j’ai vu le jour pour… me réinscrire. Idem pour mon autre voisin de la bâtisse d’en face, ou encore celui qui habite l’autre pâté de maisons, ou cet autre riverain, un vieil homme qui occupe sa villa derrière ma demeure bien avant l’Algérie indépendante et qui n’a pas, jusqu’à présent, emménagé ailleurs. Bien que toujours en vie (excusez la lapalissade), lucides et citoyens respectables d’une République, mes voisins sont devenus, malgré eux, boudeurs des urnes, un sentiment renforcé d’ailleurs par l’apathie des candidats qui, faute de programme, ne trouvent pas mieux que de flouer les électeurs en changeant de couleur de parti au terme de chaque mandature.

Enfin, mes voisins et moi, bien que nous n’ayons jamais changé de lieu de résidence, bien que nous ayons été enregistrés dans toutes les opérations de recensement décennal, bien que nous jouissions pleinement de nos droits civiques, bien que nous n’ayons pas encore avalé notre extrait de naissance, sommes, désabusés et loin d’être des objecteurs de conscience, ne voyons pas l’utilité d’aller «guerroyer» dans le département d’une administration déficiente et brouillonne qui peine à assainir son fichier électoral. Tout simplement, car la tâche de prouver notre existence dans la commune où nous sommes nés et y vivotons encore ne nous incombe pas.
 

M. Tchoubane
 
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