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Baignade à Alger : L’évasion, le risque et le dépaysement pour les aventuriers

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le 25.07.17 | 12h00 Réagissez

Baignade à Alger : L’évasion, le risque et le dépaysement pour les aventuriers

La plage devient une véritable salle des fêtes. A une certaine époque, qui n’est pas si lointaine, les baigneurs profitaient du soleil en s’allongeant sur le sable afin de se dorer la peau et se garantir un bronzage magnifique ou tout simplement de belles brûlures.

Nager, bronzer, se prélasser. Ce sont là les trois loisirs que les gens apprécient une fois arrivés à la plage. En famille, entre amis ou en couple, les baigneurs profitent des journées et la chaleur intense augmente encore plus le désir de se relaxer dans une eau fraîche et de s’allonger sur un sable plus ou moins sale, cherchant une place potable entre bouteilles en plastique et autres détritus. Le nombre de plages ouvertes dans la capitale a diminué, et celles qui sont autorisées à la baignade sont bondées.

La plage devient une véritable salle des fêtes. A une certaine époque, qui n’est pas si lointaine, les baigneurs profitaient du soleil en s’allongeant sur le sable afin de se dorer la peau et se garantir un bronzage magnifique, ou tout simplement de belles brûlures. Aujourd’hui, les tables et les chaises ont envahi ces lieux de divertissement. On se fait arnaquer rapidement en déboursant une coquette somme pour des chaises et une table qui n’ont rien à faire au beau milieu de la plage.

Nos voisins tunisiens ont opté pour les transats et les hôtels de la capitale, avec une plage privée également, donc chaises ou transats ? «Aucun des deux, vive r’mel», comme disait Mustapha. Plusieurs grandes plages d’Alger ont été fermées pour des raisons de pollution à grande échelle. On peut citer la plage d’El Kadous, qui accueille à chaque saison estivale des milliers de baigneurs par jour. D’autres plages subissent également de plein fouet cette pollution.

Les chiffres officiels donnent pas moins de 22 lieux fermés pour la saison 2017. De ce fait où aller nager ? Des milliers de jeunes vont ainsi vers la région côtière, entre El Kettani et Aïn Benian, au niveau de Bab El Oued, la marina qui a été construite rend l’endroit sous forme de piscine, l’eau y est à température ambiante, les enfants jouent et les parents n’ont pas à craindre une houle ou des vagues scélérates qui pourraient causer plus de mal que de bien.

Les femmes nagent également et profitent de la mer. Le hidjab gonfle et prend des allures de parachute dès que la personne qui est dedans rejoint l’eau, un spectacle choquant pour certaines personnes, hilarant pour d’autres et banal pour d’autres personnes qui semblent s’être habituées à cette vision. Toujours dans le même secteur au niveau de la plage de la Vigie, quelques familles sont assises sur le sable.

Les papas sont au garde-à-vous en train de regarder leurs enfants tout en gardant un œil sur les petits jeunes qui pourraient essayer d’accoster leurs filles. La route de la mer est bondée de monde, la circulation y est infernale, mais rien ne peut freiner l’envie de se baigner et de faire un plongeon. En réalité, plonger est un véritable art pour les Algérois. Faire la bombe, c’est facile, mais réussir à faire un plat sur le torse, c’est toute une technique, si on se loupe, la rougeur expliquera la douleur.

Là où il y a des rochers il y a des plongeons, la mouriska, sdouri et el ankik sont les préférés des jeunes, qui n’hésitent pas à faire des concours. C’est ce qui se déroule chaque jour à la plage de Miramar, qui est bordée par le cimetière. Des jeunes et des vieux qui se disent les enfants de la mer grimpent en haut d’une falaise l’un après l’autre, ils se concentrent, visualisant le point de chute et sautent, faisant le saut de l’ange pour atterrir plus bas.

Les spectateurs sur le sable retiennent leur souffle, tandis que le plongeur prend son courage à deux mains parfois la peur au ventre, mais il doit sauter, ses amis l’ont fait, il se sent alors contraint à le faire. A Baïnem, deux lieux se distinguent : l’un a du sable et accueille des familles, le second est rocheux et difficile d’accès, et seuls les initiés le connaissent, on le surnomme «les carrelages», de par sa conception avant le tremblement de terre de 2003, qui l’a vite dégradé.

D’un côté, des jeunes sont assis et jouent aux dominos, plongent, écoutent de la musique, et de l’autre côté, les égouts se déversent, l’odeur y est pestilentielle, mais où aller ? se demandent-ils A Palm Beach, il n’y a que le nom, aucun lien de ressemblance avec la fameuse plage de Floride. Les parkings sont bondés, des bus affluent des quatre coins du pays, on trouve toutes les plaques d’immatriculation du territoire national.

La plage n’est que l’ombre d’elle-même, les déchets se mêlent à l’égout qui s’écoule paisiblement tel un ruisseau. Impossible de placer un pied devant l’autre, car, encore une fois, cette mode des chaises et des tables a envahi les esprits et s’installe dans la culture de la plage. Pour des raisons pareilles, des Algérois décident de quitter la capitale et sa monotonie pour des villes côtières, où la nature est encore sauvage, comme à Cherchell, Chenoua Plage, Oued El Belaâ, ou bien à Béjaïa, dans les plages de Saket et de Beni Ksila.  
 

Rachid Larbi
 
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