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Célébration de la journée nationale du chahid à Médéa

Retour sur l’étrange mort du colonel Si M’hamed Bougara

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le 22.02.18 | 12h00 Réagissez


Le clou du riche programme de la célébration de la Journée nationale du chahid, élaboré par la direction des moudjahidine de la wilaya de Médéa, a été la conférence organisée jeudi dernier sous l’égide de l’association Machaâl Chahid au sein de la salle de délibérations de l’APW consacrée à la mémoire de l’emblématique chef de la Wilaya IV historique, le colonel Si M’hamed Bougara, tombé au Champ d’honneur le 5 mai 1959 au lieudit Ouled Bouachra (Médéa).

L’association a voulu encore une fois, à travers cette rencontre, évoquer ces tristes épisodes renfermant hélas encore de nombreuxs secrets. Ils ont mis le doigt sur les circonstances bizarres d’un important événement de la Wilaya IV historique non élucidé à ce jour, 58 ans après, dont le corps du valeureux martyr hors pair et exemplaire par sa bravoure, avec quatre autres compagnons d’armes qui ont disparu, ne laissant aucun indice.

Plusieurs hypothèses

Plusieurs hypothèses controversées ont été avancées, mais n’ayant aucune crédibilité. Aussi, des démarches ont été faites auprès des officiels français afin de lever le voile sur le secret de cette tragédie douloureuse, qui n’ont malheureusement pas abouti. Même mort, Si M’hamed, ce grand stratège de la Révolution armée, faisait peur à ses ennemis.

Une stèle a été érigée donc après l’indépendance sur une colline à l’endroit même où le colonel Si M’hamed avait affronté la soldatesque française qui surveillait minutieusement ses déplacements et ses mouvements. Cette conférence a été d’un riche enseignement pour l’assistance d’une part, et d’autre part une manière de lutter contre l’amnésie.

De surcroît, elle a été rehaussée par la présence de deux historiens et chercheurs très connus, à savoir Sadek Bekhouche, auteur de deux scénarios se rapportant au parcours historique du valeureux chahid Ben Boulaïd, celui du chahid Lotfi, et le docteur Lahcène Zridi, professeur à l’université d’El Affroun, et surtout l’indispensable et capital témoin oculaire, le commandant Si Lakhdar Bouregaâ, le compagnon d’armes du chahid au sein de la Wilaya IV historique.

On note aussi la présence à leurs côtés du moudjahid et ex-wali M’naouar Dehlouk, secrétaire national à l’ONM, et du moudjahid Fouad Chaouati, secrétaire général de wilaya de l’ONM et député. Les deux conférenciers académiciens ont axé leurs interventions sur les étapes franchies par le colonel Si M’hamed depuis sa scolarité et son adhésion en 1944 aux Scouts musulmans algériens jusqu’à la fin de ses études à la célèbre université Zitouna de Tunis, mettant ainsi en évidence sa valeur et son engagement politique dès son jeune âge - à 17 ans - au sein du PPA jusqu’au déclenchement de la lutte armée de 1954 où il a gravi rapidement les échelons.

Si Lakhdar, quant à lui, connu pour son franc-parler, au risque d’irriter certaines sensibilités, a fait un constat objectif sur les points forts et faibles de la Révolution armée en soulignant quelques amertumes rencontrées sur le terrain du combat. Il revient sur le sujet de la conférence en remontant à la date de la réunion qui a amené les chefs des Wilayas II, III, IV et VI à se rencontrer sur le territoire, sur l’initiative des colonels Si Amirouche, Si M’hamed et Si El Haoues.

La situation était telle qu’il a fallu mettre vite au courant la hiérarchie extérieure pour exiger une aide accrue jusqu’ici insignifiante, voire inexistante. Les opérations combinées du plan Challe de l’ennemi ont pris de l’ampleur en moyens et en effectifs malgré la combativité et la bravoure des maquisards.

De retour de ce conclave de l’Est constantinois, Si Lakhdar raconte et affirme que Si M’hamed n’était plus le même. Vers la fin du mois d’avril 1959, plus d’une semaine avant sa mort, un tract troublant a été jeté d’un aéronef militaire sur le territoire de la Région 4, Zone 2, Wilaya IV destiné au célèbre colonel lui rappelant le sort de ses deux compagnons d’armes tombés le  29 mars 1959 dans un traquenard de l’armée française au Djebel Boukhil.

L’histoire est connue pour ces deux colonels, Si Amirouche et Si El Haoues, qui s’apprêtaient à rejoindre le commandement de la Révolution en Tunisie pour rendre compte de la réunion. On lui a donné ainsi un dernier ultimatum pour faire le choix d’une autre voie, la suite est déjà connue. Pour la première fois, Si Lakhdar ajoute en exclusivité une nouvelle version, écartant celle de la trahison déjà racontée. Il suppose qu’il a été trahi par son inséparable et propre poste de transmission, indiquant précisément sa position géographique à l’ennemi.

Une lâcheté et une haine absurdes de la part d’un colonisateur se prétendant défenseur du droit de l’homme universel, alors qu’il fait encore durer le suspense en couvant et en cachant la pure vérité sur des ossements du corps d’un héros qui s’est héroïquement battu pour la cause sacrée de son pays…         

A. Teta
 
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