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Médéa : Commémoration de la journée du 18 juin 1845

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le 20.06.17 | 12h00 Réagissez

Une quarantaine d’invités du professorat d’universités, d’intellectuels, de scénaristes, d’anciens moudjahidine, des hommes de la presse, des étudiants… ont pris part à ce merveilleux et instructif rendez-vous.

A la belle étoile sur l’esplanade du musée régional du Moudjahid, en plein cœur de la ville de Médéa, fief de la Wilaya IV historique, une «gaâda ramadanesque» inédite s’est déroulée samedi dernier,  dans la nuit, au milieu d’une splendide verdure éclairée aux lampadaires.
Aussi, une quarantaine d’invités du monde du professorat d’universités, d’intellectuels, de scénaristes, d’anciens moudjahidine, des hommes de la presse, des étudiants…ont pris part à ce merveilleux et instructif rendez-vous.

Pourquoi inédite, dit-on, parce que très rarement dans les rencontres habituelles traitant de la colonisation on est partis piocher loin, déterrant des souvenirs effroyables qui remontent à 172 ans jour pour jour aujourd’hui. Des coups fomentés sauvagement sans conscience humaine par le colonisateur pour exterminer et se débarrasser des populations indigènes. Le conférencier, en l’occurrence le docteur Moussa Hissam, doyen de la fac des sciences humaines et sociales, maîtrisant parfaitement le sujet, a voulu revenir dans son intervention à cette date fatidique qui restera à jamais gravée dans la mémoire collective des générations du peuple algérien.

Il s’agit, évoque-t-il, du 18 juin 1845, en faisant référence à deux édifiants reportages parus à cette époque sur le redoutable et réputé journal Times londonien, qui avait relaté les horreurs et les crimes imprescriptibles commis par la France coloniale sur les populations algériennes. «Le jour même de son arrivée à Alger, le 22 février 1841, le gouverneur général de l’Algérie le général Bugeaud (nommé le 29 décembre 1840) adresse une proclamation aux habitants de l’Algérie, et une à l’armée».

Entouré des généraux La- Moricière, Changarnier, Bedeau et Cavaignac, il emploie de nouvelles méthodes de guerre inspirées de son expérience dans la lutte contre les partisans pendant la guerre d’Espagne. Durant plus de cinq ans, des centaines de villageois, dont femmes et enfants, sont enfumés ou emmurés dans les grottes, où ils tentent de résister aux «colonnes mobiles».

A Orléanville (aujourd’hui Chlef), le 11 juin 1845 Bugeaud conseille à ses subordonnés aux fins de réduire la résistance des populations de la région de Chlef : enfumez à outrance comme des renards ces gredins s’ils se retirent dans leurs cavernes!». L’assistance perplexe devant cet amer événement, le cœur serré et les yeux pleins de larmes, est plongée dans un silence profond, suivent les séquences dramatiques et cruelles de ce réel film d’horreur inhumain réalisé par la soldatesque de la colonisation française sur de pauvres gens s’opposant à l’oppression de l’étranger.

Au nom de quelle morale a-t-on agi de la sorte ? «Oui, le 18 juin 1845, (reprend son souffle et sa parole notre conférencier et poursuit) le colonel Pélissier n’hésite pas à asphyxier plus de 1000 personnes – hommes, femmes et enfants des Ouled Riah – qui se sont réfugiées dans la grotte de Ghar-el Frechih dans le Dahra (triangle Ténès, Cherchell et Miliana».

Un soldat, témoin oculaire, écrit à ses parents à cette époque : «Les grottes sont immenses, on a compté 760 cadavres, une soixantaine d’individus seulement sont sortis du brasier de feu, aux trois quarts morts, quarante n’ont pu survivre, dix sont à l’ambulance, dangereusement malades, les dix derniers, qui peuvent se traîner encore, ont été mis en liberté pour retourner dans leurs tribus, ils n’ont plus qu’à pleurer sur des ruines». Après cette mesquinerie, Pélissier répond à quelques bonnes consciences inquiètes par cet acte barbare: «La peau d’un seul de mes tambours avait plus de prix que la vie de tous ces misérables.»

Des faits graves qui se sont encore reproduits par l’armée française et cette fois-ci à grande échelle faisant 45000 morts tout juste un siècle après un 8 Mai 1945, mais pour le premier massacre, il reste encore peu connu par une bonne partie de notre jeunesse montante. Un débat franc et sincère a été instauré, avec un commun accord qu’il est temps de lancer un appel pressant par devoir morale à nos écrivains, nos historiens et nos scénaristes de s’impliquer davantage sur l’écriture et la mise en pellicule des péripéties de l’histoire de notre pays pour lutter contre l’oubli et l’amnésie.

Aussi, le rôle que doivent jouer les chaînes publiques et privées de télévision est primordial pour la sauvegarde de la mémoire publique. Tout le monde disait qu’elle doit accorder à ce thème tout l’intérêt et l’importance en lui sacrifiant un espace dans leur programmation mensuelle. 
 

A.Teta
 
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