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Venezuela : Washington évoque une «possible option militaire»

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le 13.08.17 | 12h00 Réagissez

Le président américain, Donald Trump, a évoqué vendredi une éventuelle option militaire au Venezuela, où le président Nicolas Maduro a promis, la veille, de répondre «les armes à la main» à une agression américaine, rapporte l’AFP.

«Nous avons de nombreuses options pour le Venezuela, y compris une possible option militaire si nécessaire», a déclaré le président américain, dans le New Jersey. Appelé à donner des précisions sur cette annonce, qui intervient dans une période d’extrême tension avec la Corée du Nord, le président américain est resté évasif. «Nous avons des troupes dans le monde entier qui sont parfois très loin. Le Venezuela n’est pas très éloigné et les gens souffrent et les gens meurent», a-t-il ajouté. Interrogé sur cette annonce, le Pentagone a indiqué, par la voix de son porte-parole Eric Pahon, qu’il n’a «à ce stade» reçu aucune consigne sur ce dossier.

Le ministre vénézuélien de la Défense, Vladimir Padrino, a qualifié d’«acte de folie» cette déclaration du président Trump. En cas d’agression, «nous serons tous au premier rang pour défendre les intérêts et la souveraineté de notre Venezuela bien-aimé», a déclaré Padrino. De son côté, l’Assemblée constituante vénézuélienne a apporté son soutien hier au président Maduro face aux «menaces infâmes» de son homologue américain.

«Nous rejetons les menaces lâches, insolentes et infâmes» de D. Trump «contre la souveraineté sacrée du Venezuela», a écrit la présidente de la Constituante, Delcy Rodriguez, sur son compte Twitter. Washington et Caracas, qui n’ont plus d’ambassadeurs respectifs depuis 2010 mais dont les relations s’étaient quelque peu améliorées à la fin du mandat de Barack Obama, conservent des liens économiques et commerciaux étroits, avant tout dans l’industrie pétrolière.

Série de sanctions

Début août, les Etats-Unis ont infligé des sanctions au président vénézuélien qu’ils ont qualifié de «dictateur». La réaction de Washington est survenue au lendemain de l’élection controversée de l’Assemblée constituante voulue par le président socialiste, un scrutin marqué par des violences qui ont fait dix morts. Rejetée par l’opposition et des pays occidentaux, cette Assemblée l’a confirmé à l’unanimité dans ses fonctions de «président constitutionnel de la République bolivarienne du Venezuela».

Une nouvelle série de sanctions américaines a par ailleurs été adoptée cette semaine à l’encontre de huit responsables vénézuéliens impliqués dans la mise en place d’une Assemblée constituante jugée «illégitime». «Ce régime est inacceptable et les Etats-Unis se tiendront au côté de l’opposition» qui se bat «contre la tyrannie jusqu’à ce que le Venezuela restaure une démocratie prospère et pacifique», a indiqué à cette occasion le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin.

Jeudi, le président Maduro a dit souhaiter «une conversation» avec son homologue américain. «S’il est autant intéressé par le Venezuela, je suis là, je suis le chef de ce qui l’intéresse», a-t-il affirmé. Il souhaite que cette discussion ait lieu par téléphone ou qu’elle se tienne à New York à l’occasion de l’Assemblée générale des Nations unies à la mi-septembre.

La Maison-Blanche a révélé que N. Maduro a effectivement sollicité une conversation avec D. Trump vendredi, mais a implicitement indiqué que sa demande n’avait pas été acceptée. «Les Etats-Unis se tiennent avec le peuple du Venezuela face à la répression permanente exercée par le régime Maduro.

Le président Trump parlera volontiers avec le dirigeant du Venezuela dès que la démocratie sera restaurée dans ce pays», a déclaré la Maison-Blanche dans un communiqué. Tout en disant souhaiter avoir des relations «normales» avec les Etats-Unis, le président vénézuelien a averti, jeudi, Washington que son pays répondrait «les armes à la main» à une éventuelle agression et «ne se rendra jamais». Il intervenait devant les 545 membres de la nouvelle Assemblée chargée notamment de réécrire la Constitution de 1999. Elle régira le pays durant au moins deux ans, le mandat du Président s’achevant en janvier 2019.

De son côté, le ministre de la Défense, Vladimir Padrino, a annoncé vendredi que les chefs d’une attaque menée le 6 août contre une base militaire du nord du Venezuela ont été capturés par les forces de sécurité. Ces deux hommes, un capitaine chassé de l’armée en 2014 et un lieutenant, recevront «un châtiment exemplaire», a promis le ministre. La base a été attaquée par une vingtaine d’hommes. Deux ont été abattus et huit capturés.

R. I.
 
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