A la une International
 

Crise politique en Espagne

Un indépendantiste pur et dur à la tête de la Catalogne

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 16.05.18 | 12h00 Réagissez

 
	La candidature de Quim Torra avait été proposée jeudi dernier par le président destitué de la Catalogne, Carles Puigdemont
La candidature de Quim Torra avait été proposée...


Espagne
De notre correspondant

Après des mois de suspense au Parlement catalan, le candidat séparatiste radical Quim Torra, un éditeur de 55 ans, nouveau venu en politique, a été élu lundi à la tête de la Catalogne par une majorité simple de 66 voix des grands partis indépendantistes, notamment le Pedcat de Carles Puigdemont, actuellement en exil en Allemagne, et ERC d'Oriol Junqueras, emprisonné depuis des mois à Madrid, contre 65 voix de l’opposition et l’abstention de quatre députés d’un parti séparatiste d’extrême gauche (Cup), après avoir échoué à recueillir la majorité absolue de 68 voix sur 135 lors d’un premier tour de scrutin vendredi dernier.
«Vive la Catalogne libre», a lancé Quim Torra après son élection.

Ce père de trois enfants est un indépendantiste pur et dur, inconditionnel de l’ex-président en exil qu’il considère comme «le président légitime».

Il a promis par ailleurs de travailler sans relâche à la construction d’une République indépendante. «Nous serons fidèles au mandat du référendum d'autodétermination du 1er octobre», a-t-il ajouté. Il a reconnu lui-même que son mandat n’était que «provisoire», jusqu’à l’éventuel retour de Carles Puigdemont, qui attend en Allemagne que la justice se prononce sur une demande d’extradition formulée par Madrid, accusé de «sédition» et «rébellion».

S'il a été choisi parmi les autres leaders indépendantistes, notamment Jordi Sanchez et Jordi Turull plus populaires, c'est surtout parce qu'aucune contrainte juridique ne pèse, pour l'instant, sur ses épaules. Difficile donc pour Madrid d'empêcher sa candidature. Carles Puigdemont est exilé à Berlin, Jordi Sanchez est accusé de rébellion et Jordi Turull a été incarcéré à la suite de sa candidature à la Generalitat en mars 2018.

Priorités politiques

Quim Torra doit maintenant former son gouvernement, ce qui entraînera automatiquement la levée de la mise sous tutelle de la Catalogne à travers l'article 155, imposée par Madrid sur cette région de 7,5 millions d'habitants, quand les députés séparatistes ont proclamé son indépendance le 27 octobre 2017, après que plus de deux millions de Catalans (sur un total de 5,5 millions d'électeurs) ont participé à un référendum interdit par Madrid le 1er octobre 2017 et que la police a tenté d'empêcher. D'après les organisateurs, 90% se sont prononcés pour l'indépendance.

Quim Torra s'est engagé à rétablir les lois catalanes suspendues ou annulées par la justice, de rouvrir les «ambassades» de Catalogne fermées par l'Etat et de lancer la rédaction de la Constitution de la future République catalane. Il a évoqué la création de structures de gouvernement parallèles à l'étranger pour préparer la sécession : un «conseil de la République» présidé par Carles Puigdemont, et une assemblée composée d'élus locaux.

Le chef du gouvernement espagnol, le conservateur Mariano Rajoy, du Parti populaire, a rappelé qu'il pourrait à tout moment reprendre le contrôle de la région, si Quim Torra violerait la Constitution. La dirigeante de l'opposition aux séparatistes du parti politique Ciudaddanos, Inés Arrimadas, a durement attaqué les «discours xénophobes et identitaires» du candidat, qualifié de «marionnette de Puigdemont».

Quim Torra

Entré en politique il y a peu, Quim Torra est élu député de la circonscription de Barcelone en 2017 avec la coalition indépendantiste Ensemble pour la Catalogne de Carles Puigdemont. La candidature de Quim Torra avait été proposée jeudi dernier par le président destitué de Catalogne, Carles Puigdemont. Le temps que ce dernier trouve un moyen de revenir en Espagne et, pourquoi pas, au pouvoir.
Natif de la ville catalane de Blanes, sur la Costa Brava, Quim Torra a fait une longue carrière au sein de la compagnie d’assurances suisse Winterthur. Il profite de son indemnité de licenciement pour fonder, en 2008, une maison d’édition,

A Contra Vent, spécialisée dans la récupération de textes de journalistes catalans de la Seconde République espagnole (1931-1939) et de l’exil pendant la dictature de Francisco Franco. Il s’est alors fait un nom dans les cercles nationalistes catalans et a fait partie de la direction de la puissante association Alliance nationale catalane (ANC), organisatrice d’immenses manifestations indépendantistes.

Jusqu’en 2015, il a également dirigé le Centre culturel du quartier barcelonais El Born, qui présente les ruines des remparts de Barcelone, prises par les troupes royalistes en 1714, lors d’une guerre de succession, comme étant la preuve de la perte d’une «indépendance» de la région.
 

Ali Aït Mouhoub
 
Loading...
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco
Loading...
Vidéo

Débats d'El Watan

Débats d'El Watan
Loading...

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie
 
Loading...