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Syrie : Macron tente de se justifier

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le 17.04.18 | 12h00 Réagissez


Paris  De notre bureau

Après une interview accordée jeudi 12 avril dernier à TFI, où il a beaucoup parlé des questions nationales en s’adressant aux ruraux et aux cheminots en grève, celle qu’Emmanuel Macron a accordée dimanche soir à BFM TV et Médiapart était axée en grande partie sur les questions internationales, au premier rang desquelles la Syrie.

D’emblée, le président français a jugé que les frappes contre le régime de Bachar Al Assad ont permis de rendre une certaine légitimité à la communauté internationale. «Nous étions arrivés à un moment où ces frappes étaient indispensables pour redonner un sens à la parole de la communauté internationale», a déclaré M. Macron, visiblement revigoré d’avoir ordonné ses premières frappes militaires en tant que Président. Désormais, il veut que la France reprenne l’initiative diplomatique, car la solution ne «peut être que politique».

«Pour construire une solution durable pour la Syrie, il nous faut parler avec l’Iran, la Turquie et la Russie», a expliqué M. Macron, qui a ajouté : «J’avais prévu de me rendre en Turquie, de rencontrer les présidents Erdogan, Poutine et Rohani.» Cependant, l’offensive diplomatique du président français risque de ne pas aboutir, au vu des relations «détestables» qu’il entretient avec les présidents Poutine et Rohani. Ce dernier lui a même conseillé de ne pas participer aux frappes et de ne pas suivre les Etats-Unis.

Concernant les frappes militaires, le président français s’est félicité qu’elles aient atteint toutes leurs cibles, à savoir des installations chimiques.

«Nous avons réussi l’opération sur le plan militaire, puisque l’intégralité des missiles qui ont été tirés ont atteint leurs objectifs et les capacités de production d’armes chimiques (de la Syrie, ndlr) ont été détruites.» Il a enchaîné que son pays a pris la décision de «frapper le régime syrien 48 heures seulement après que ce dernier ait utilisé les gaz chimiques contre son peuple dans la ville de Douma», estimant au passage que «la décision était conforme aux engagements pris par la France sur le plan international» et «après que les services français et occidentaux aient fourni des preuves irréfutables sur l’utilisation du chlore par le régime de Bachar Al Assad».

A la question de savoir si ce n’était pas un problème d’être intervenu en Syrie sans une résolution de l’ONU, le président Macron, un peu gêné par la question, a répondu par la négative : «Non, c’est intervenir de manière légitime dans le cadre multilatéral. En Syrie, nous menons une guerre contre Daech, dans le cadre d’une coalition internationale. Nous avons une action diplomatique pour veiller à ce que le droit international humanitaire soit respecté.

J’ai constamment dit que nous ne pourrions pas laisser tout et n’importe quoi se faire.»  Le président français s’est également défendu d’avoir «déclaré la guerre au régime de Bachar Al  Assad», rappelant au passage que «la France a seulement agi pour que le droit international ne soit pas lettre morte».

Critiqué en interne sur la manière dont il gère la grève du secteur public et son refus de dialoguer, Emmanuel Macron a vu, dans l’intervention militaire française en Syrie, un moyen de réhabiliter son action et celle de son gouvernement de plus en plus contestées par les Français. Ces derniers le jugent d’ailleurs «arrogant» et le qualifient de «président de riches».

Yacine Farah
 
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