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Libye : 20 milliards de dollars pour bloquer le flux des migrants

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le 13.08.17 | 12h00 Réagissez

L’homme fort de l’Est libyen, Khalifa Haftar, estime à «20 milliards de dollars sur 20 ou 25 ans» l’effort européen nécessaire pour aider à bloquer les flux de migrants à la frontière sud du pays, dans un entretien paru hier.

Le problème des migrants ne se résout pas sur nos côtes. S’ils ne partent plus par la mer, nous devons les garder nous et cela n’est pas possible», a expliqué le maréchal Khalifa Haftar, dans un entretien au quotidien italien Corriere della Sera, relayé par l’AFP. «Nous devons au contraire travailler ensemble pour bloquer les flux sur 4000 kilomètres à la frontière désertique libyenne du Sud. Mes soldats sont prêts. Je contrôle plus des trois quarts du pays.

Je possède la main-d’œuvre, mais il me manque les moyens», poursuit le chef d’une force autoproclamée Armée nationale libyenne (ANL). Le président français, Emmanuel Macron, «m’a demandé ce dont on a besoin, je suis en train de lui envoyer une liste», précise le maréchal Haftar.

Dans la liste figureront «des formations pour les gardes-frontières, des munitions, des armes, mais surtout des véhicules blindés, des jeeps pour le sable, des drones, des détecteurs, des lunettes de vision nocturne, des hélicoptères». L’idée est d’installer des campements mobiles de 150 hommes au minimum tous les 100 kilomètres, a-t-il encore détaillé. Un vaste programme qu’il estime à «environ 20 milliards de dollars sur 20 ou 25 ans pour les pays européens unis dans un effort collectif».

A titre de comparaison, «la Turquie prend six milliards» à Bruxelles «pour contrôler un nombre infiniment inférieur de réfugiés syriens et quelques Irakiens», a-t-il fait remarquer. «Nous, en Libye, nous devons contenir des flux gigantesques de personnes arrivant de toute l’Afrique.»
Le rival Al Fayez fustigé Fin juillet, Khalifa Haftar et son rival Fayez Al Sarraj, chef du Gouvernement d’entente nationale, se sont mis d’accord sur une déclaration de principes en dix points. Ils se sont engagés notamment à observer un cessez-le-feu et à organiser des élections le plus rapidement possible, lors d’une rencontre en région parisienne sous l’égide du président français.

Dans les colonnes de Corriere della Sera, le maréchal a de nouveau critiqué Fayez Al Sarraj, qui ne l’a pas consulté pour donner le feu vert à une opération de renfort maritime de l’Italie pour aider les gardes-côtes libyens à contenir les départs de bateaux de migrants. «Sa décision est un choix individuel, illégitime et illégal», estime-t-il.

«Personne n’entre dans nos eaux sans permission», a-t-il répété, tout en prononçant des propos plus conciliants à l’égard de l’ancienne puissance coloniale : «Les Libyens et les Italiens sont des amis.» Le maréchal Haftar, revenu de vingt ans d’exil en 2011, au moment de la révolution libyenne, est soupçonné par ses détracteurs de vouloir prendre le pouvoir en Libye et de n’avoir aucune intention de se soumettre à l’autorité civile. 

R. I.
 
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