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Conflit syrien : Les Kurdes se disent exclus des négociations d’Astana

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le 11.01.17 | 10h00 Réagissez

Moscou et Ankara sont les parrains du cessez-le-feu général entré en vigueur le 30 décembre sur le territoire syrien, même si de violents combats se poursuivent, notamment près de Damas.

Les Kurdes syriens ne sont pas invités aux négociations politiques qui doivent se tenir, à la fin du mois en cours, à Astana, au Kazakhstan, sous l’égide de la Russie et de la Turquie. C’est ce qu’a déclaré hier le responsable du «bureau de représentation du Rojava», nom donné au Kurdistan syrien, Khaled Issa, à Paris. «Nous ne sommes pas invités à Astana.

Il semble qu’il y ait un veto contre notre présence», a déclaré K. Issa, cité par l’AFP, qui est aussi membre du Parti de l’union démocratique (PYD). Le PYD est considéré par la Turquie comme un groupe terroriste lié au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) en guerre contre l’Etat turc depuis 30 ans.

Moscou et Ankara sont les parrains du cessez-le-feu général entré en vigueur le 30 décembre sur le territoire syrien, même si de violents combats se poursuivent, notamment près de Damas. Pour le moment, le flou subsiste sur la date et la liste des invités à ces négociations de paix, censées servir de base à un nouveau processus politique à Genève sous l’égide de l’ONU, prévu en février. «Il semble que seuls des représentants des groupes armés» de l’insurrection, et «pas des représentants politiques» de l’opposition, «seront invités à venir négocier avec le régime syrien à Astana», a ajouté K. Issa.

Cette opposition politique, représentée dans le Haut comité pour les négociations (HCN), se réunira, de son côté, vendredi à Riyad pour évoquer le processus d’Astana, selon des sources diplomatiques et de l’opposition. «S’il y a une volonté de solution pacifique en Syrie, on ne peut pas ne pas tenir compte des Kurdes», a observé K. Issa. «J’espère que nous ne serons pas absents d’une solution internationale», a poursuivi le même responsable. Et d’ajouter : «Nous avons un projet politique : le fédéralisme démocratique pour toute la Syrie. Nous sommes prêts à négocier avec le régime (de Damas), avec des garanties internationales.»

Ennemi commun de Damas et d’Ankara

En mars, les Kurdes syriens ont proclamé unilatéralement la constitution d’une région fédérale regroupant les territoires qu’ils contrôlent dans le nord de la Syrie. Toutefois, l’intervention terrestre turque «Bouclier de l’Euphrate» en août en Syrie, le long de sa frontière, a mis un terme à la volonté kurde de relier les territoires qu’elle contrôle dans le nord du pays. A la même période, l’aviation gouvernementale syrienne a bombardé, pour la première fois depuis le début du conflit, des quartiers contrôlés par les forces kurdes à Hassaké, une ville du nord-est du pays. Ladite ville était partagée au début du conflit entre miliciens kurdes et forces gouvernementales.

Elle a été attaquée en 2015 par le groupe Etat islamique (EI). Les Kurdes ont fini par la reprendre dans sa totalité. L’opération des forces syriennes a contraint les Etats-Unis à intervenir pour la première fois directement contre le régime syrien, en dépêchant des avions pour protéger leurs forces spéciales, qui conseillent les combattants kurdes dans le pays. En outre, les Unités de protection du peuple (YPG), milices combattantes du PYD, constituent des alliées de Washington dans sa guerre contre l’EI dans le cadre de la coalition internationale qu’il dirige. L’intervention américaine n’est appréciée ni par Damas ni par Ankara.

Au début du conflit, le PYD a opté pour la neutralité avec comme ligne «ni Bachar, ni l’opposition». Ainsi, entre les forces gouvernementales et les YPG, les confrontations sont rares. L’armée de Damas consacre l’essentiel de ses moyens à la lutte contre les rebelles qui cherchent à renverser le président Bachar Al Assad, et les Kurdes affrontent principalement l’EI pour défendre leurs territoires dans le nord du pays.

Ankara a régulièrement exprimé son inquiétude de voir les Kurdes syriens se constituer un territoire autonome à sa frontière et alimenter les ambitions séparatistes des Kurdes de Turquie. Dans un communiqué justifiant ses frappes aériennes contre les zones kurdes à Hassaké, l’armée syrienne a présenté les YPG comme une branche du PKK. Ceci dit une telle opération constitue une réponse du régime d’Al Assad qui consiste à signifier que Damas n’acceptera jamais une partition de la Syrie, ni même une fédération, comme le demandent les Kurdes.

En mars 2016, les Kurdes de Syrie ont en effet auto-proclamé une «région fédérale», dont Hassaké fait partie, ils rêvent de relier les régions sous leur contrôle dans le nord du pays, à la frontière turque. De son côté, Ankara s’est félicité que Damas ait «compris» que «les Kurdes deviennent une menace pour la Syrie aussi». Quant aux grandes puissances, elles ont toujours exploité la question kurde pour leurs intérêts pour ensuite l’oublier.

Amnay idir
 
 
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